
La ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie a pris part, mardi 9 juin 2026, à une conversation internationale organisée par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) autour de l'Intelligence artificielle (IA) et de la visibilité des contenus des contenus francophones dans l'environnement numérique ».
La Côte d'Ivoire, une vision et une stratégie
Depuis Abidjan, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, est intervenue en visioconférence aux côtés de son homologue québécois, Mathieu Lacombe.
Elle n'a pas manqué de rappeler l'engagement structurel de la Côte d'Ivoire sur ces questions, en évoquant la Stratégie nationale sur l'Intelligence artificielle adoptée depuis 2025, à l'horizon 2030. Un document cadre qui, a-t-elle précisé, « prend en compte tous les secteurs », les Industries créatives et culturelles (ICC), y occupant une place de plein droit.
L'IA, levier ou menace pour les artistes ?
Sur le fond, la ministre a défendu une vision à la fois ambitieuse et prudente. Pour elle, « l'Intelligence artificielle peut être un levier stratégique pour la souveraineté culturelle et la valorisation des langues locales, à condition qu'un cadre réglementaire garantisse les droits d'auteurs des artistes et que la monétisation des contenus soit une réalité ».
La ministre, également vice-présidente de la Conférence des ministres de la Francophonie, a, par ailleurs, mis en avant le modèle des Centres de lecture et d'animation culturelle (CLAC), reconnus comme espaces de promotion de la lecture et de sensibilisation au numérique. La tribune s'est prolongée par une table ronde animée par le journaliste Patrick Simonin, au cours de laquelle des experts ont formulé des pistes concrètes pour lutter contre l'exclusion algorithmique et renforcer la présence des savoirs francophones à l'ère de l'IA. Le message est clair : le dialogue avec les grandes plateformes numériques doit se poursuivre.