
Tenue sous le thème « la régulation des technologies innovantes enjeux, défis et perspectives des Autorités de protection en Afrique », la 9e Conférence du RAPDP s’est déroulée du 18 au 19 mai 2026 à Abidjan. Cette assemblée a positionné Abidjan comme la capitale de la souveraineté numérique en Afrique. Durant ces deux jours, les régulateurs des données personnelles ont, d’abord, fait l’état des lieux, et ensuite, trouvé des solutions pour la protection des données à caractère personnel.
Les 24 pays du RAPDP ont peaufiné, puis adopté un texte …
Les vingt-quatre pays du RAPDP présents ont peaufiné, puis adopté un texte dit « La Déclaration d’Abidjan ». « La protection des données à caractère personnel n'est plus un sujet périphérique de conformité administrative. Elle est devenue une question centrale de souveraineté, de sécurité juridique, de confiance numérique et de compétitivité économique pour nos États et pour notre continent. Nous appelons les administrations publiques, les entreprises, les opérateurs numériques et les sous-traitants à passer d'une conformité de façade à une conformité de preuve, structurée, documentée et gouvernée. Notre conférence n'achève pas un débat. Elle ouvre le temps de l'harmonisation. Elle ouvre le temps de l'effectivité. Elle ouvre le temps d'une parole africaine plus forte, plus claire et plus influente dans la gouvernance mondiale du numérique. La protection des données à caractère personnel ne doit plus être perçue en Afrique comme une exigence secondaire, ni comme une norme importée, mais comme l'un des fondements de l'État numérique responsable, de la confiance citoyenne, de la sécurité juridique et de la souveraineté continentale », ont-ils déclaré.
Ce texte engage donc les États africains jusqu’en 2030

Ce texte engage donc les États africains jusqu’en 2030. Car pour les parties signataires, la protection des données doit être portée au plus haut niveau de l'État et non déléguée à des services périphériques. Les moyens institutionnels restent insuffisants, les pratiques organisationnelles demeurent incomplètes, mais les autorités de régulation existent. Cependant, elles ne disposent pas toujours des ressources, de l'indépendance ou des instruments nécessaires pour exercer pleinement leur mission. Le constat est qu’en Afrique, l’intelligence artificielle, la finance numérique, la biométrie et les plateformes mondiales imposent de nouveaux équilibres que les textes existants ne couvrent pas encore.
La protection des données personnelles appelle donc une approche intégrée, associant régulation, cybersécurité, gouvernance publique et culture de conformité par la population. Le Directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications (ARTCI), Lakoun Ouattara, a reconnu que la protection des données personnelles fait partie des piliers de la transformation numérique africaine. Il a pris des engagements face à ses pairs, à savoir renforcer la protection effective des citoyens, en modernisant les procédures de traitement des plaintes et en les rendant plus accessibles, plus rapides et plus transparentes.
Approfondir l’expertise sur les enjeux tels que l’IA…
Dans cette dynamique, il entend également accompagner les administrations, les entreprises et les startups dans une logique de conformité démontrable, par le dialogue technique, la pédagogie réglementaire et la mise à disposition d’outils pratiques ; approfondir l’expertise sur les enjeux tels que l’intelligence artificielle, la biométrie, l’identité numérique, les transferts transfrontaliers, la cybersécurité en lien étroit avec les autorités de régulation numérique et contribuer à la construction d’une parole africaine forte et coordonnée sur les grandes questions numériques internationales. « Ces engagements ne sont pas des intentions : ils s’inscrivent dans la feuille de route stratégique de notre Autorité, sous l’impulsion du nouveau Conseil de régulation récemment installé », a-t-il précisé pour garantir ses engagements.
Les pays membres du RAPDP tiennent leur assemblée générale, le mercredi 20 du mois courant , à Abidjan, pour clore la 9e Conférence africaine.
Bema BAKAYOKO
