
Cet atelier a symbolisé la transition entre la fin d'un premier chapitre riche en accomplissements et le début d'une nouvelle aventure pour mieux gérer la migration de main-d'œuvre en Afrique de l'Ouest.
Pour rappel, la phase I, lancée en 2021, a déjà fait du chemin. On parle de la ratification de la Convention 189 pour protéger les droits des travailleurs domestiques, de la validation d'une stratégie nationale sur la migration, et même de l'élaboration de dix référentiels de formation pour donner ses lettres de noblesse aux métiers de la domesticité. Autant de pas de géant qui ont changé la donne en Côte d'Ivoire.
Quand la première phase s'est achevée en novembre 2025, ce n'était pas un point final, mais plutôt une virgule. Comme l'a si bien dit Noëlly Coty, la coordonnatrice nationale du projet, AGRIDOM II est dans la continuité :" on consolide, on élargit. Cette fois, le projet s'étend à la Côte d'Ivoire et à la Guinée, avec une approche régionale qui intègre les mécanismes de protection de la CEDEAO, le tout avec un regard plus attentif sur le genre.', a laissé entendre.
Les acteurs sur le terrain, institutions et organisations sociales, ont tous martelé le même message, il faut travailler main dans la main. Yannick Niaman, de l'Agence Prestige de Emploi Jeune, a rappelé que la gouvernance migratoire ne peut réussir sans une action coordonnée entre ministères, société civile et partenaires internationaux.
Quant à ,Sandrine Akafu, secrétaire générale du syndicat des travailleurs domestiques, a insisté sur l'urgence de continuer à plaider pour que le travail domestique soit enfin reconnu à sa juste valeur. " Concernant Agridom 2, nous apprécions également la prise en compte de la société civile, particulièrement sur la problématique du travail domestique. C’est une grande satisfaction pour nous de participer à l’élaboration du plan d’action et des activités, et de réfléchir ensemble à la meilleure manière de valoriser et professionnaliser le travail domestique, afin de le rendre plus visible et reconnu. Nous saluons aussi la ratification de la Convention, qui constitue une étape importante. Nous poursuivrons nos actions de plaidoyer et continuerons à œuvrer pour que, dans la pratique, la mise en œuvre avance concrètement au bénéfice des travailleurs domestiques en Côte d’Ivoire.", a-t-elle déclaré.
Au final, cet atelier n'a pas juste servi à valider un plan de travail ou à mettre en place un comité de suivi. Il a surtout réaffirmé une ambition collective de faire de la migration de main-d'œuvre un vrai levier de développement, à la fois équitable et durable. Ainsi la clôture d'AGRIDOM I n'est pas une page qu'on tourne. C'est une fondation solide sur laquelle on construit la suite. Et AGRIDOM II, financé par la coopération suisse et piloté par le BIT, s'annonce comme une étape cruciale pour renforcer la dignité et les droits des travailleurs migrants, tout en donnant un coup de pouce aux économies locales.