
Le Procureur a fait un bref résumé de cette affaire qui aurait emporter la vie du roi d'Ebrah, Sa Majesté Assemien Nogbou. Cette affaire qui remonte en 2019, a vu un groupe de personnes ensanglantées, mettre le feu au royaume d'Ebrah, lieu situé à quelques kilomètres de Bingerville.
"Dieu a faut grâce ce jour-là aux victimes. Les forces de l'ordre sont intervenues, heureusement pour les victimes, il n'y a pas eu de morts parce que les forces de l'ordre sont intervenues, circonstances indépendantes de la volonté des accusés", a-t-il expliqué, selon nos sources, en présence des deux parties.
Poursuivant, le Procureur a qualifié ces faits d'une extrême gravité, qui ont été commis dans un contexte de conflit de succession à la tête de ce royaume.

"En effet, ce jour, des membres de la génération dite Bloussoué, les accusés le savent, ont procédé à l'installation de bâches dans une cour royale en vue de l'installation d'un nouveau roi alors même que M. Assemien Nogboubetait encore roi. Le roi a envoyé son petit frère, accompagné de ses amis, pour aller desinstaller les bâches. En réalité, l'acte du roi n'était pas illégitime. Parce que c'était l'autorité dans le village et lorsqu'il y a un événement qui n'a pas été sur ses instructions. Il a l'obligation de mettre fin à toute irrégularité... Monsieur le Président, ils ne peuvent pas évoquer la destitution du roi. Me Adjé l'a dit, c'est un véritable coup d'État", a-t-il lancé sur son perchoir à l'intention du juge président.
Il restituait ainsi les faits qui ont été portés à la connaissance de la justice. Les condamnés dans cette affaire sont, Gnanlin Tchacrè Jean, Kouassi Kouassi Jacques, Kouassi Dago Augustin Ezoua Bilé alias Wognin Delmas. Ceux-ci ont pris 15 ans d'emprisonnement ferme pour tentative de meurtre sur plusieurs personnes, de détention illégale d'arme à feu de la 5e catégorie, destruction volontaire de tout ou partie d'un immeuble, incendie volontaire d'une voiture, coups et blessures volontaires sur plusieurs personnes, vole avec effraction extérieure et en Réunion dans une maison habitée avec port d'arme.

De leurs côtés, huit (8) personnes d'obtenir Kamagaté Ismaël, Amon Olo Jean-Baptiste, Dago Franck Sacha, Ayemou Beugré Joseph, Aké Jacques Xavier, Koffi Taupet Jacob, Malandjo Koua Pacôme, Amangoua Soumayet Dieudonné, ont été condamnés à 10 ans de prison ferme pour les mêmes faits. Eux ne sont pas concernés par le port illégal d'arme à feu. Les douze accusés reconnus coupables écopent, tous, de 10 années de privation des droits prévus à l'article 68 du Code pénal.
Ce qu'il faut rappeler dans cette affaire, c'est que, malgré les condamnations, les 12 coupables n'ont pas été mis aux arrêts. Ils ont tous été condamnés à 10 années de privation de leurs droits. Deux des accusés ont été déclarés non coupables.
Pour sa part, la défense avait pour avocats, Me Bilé Aka, Me Bléoué Aka, Me Ben Méité et trois autres membres du Barreau. Pour eux, aucune des accusations ne sont fondées. Leurs clients devraient donc être tous reconnus non coupables. Pour le Bâtonnier Adjé Luc, avocat de la partie civile, "les faits ont bien montré que ces personnes qui ont été condamnées ont participé effectivement à la commission des faits, certains, en qualité d'auteurs pour certains, en qualité d'auteurs pour certains faits et de complices pour d'autres. Il s'agit d'une condamnation ferme et s'ils ne font pas appel, ils iront en prison. Ils ont vingt jours pour faire pour faire appel. J'ai déploré que la condamnation civile ait été minorée".

Il faut noter que ces différentes peines ont été revues à la baisse par rapport à celle demandée par le Procureur. En clair, il avait demandé que "tous les accusés soient déclarés coupables des sept chefs d’accusation et en répression les condamne à 20 ans d'emprisonnement, 10 ans de privation de droit, 10 ans d'interdiction de paraître à Ebrah", avait-il rappelé. Pour lui, il reste convaincu que "la logique des accusés, c'était de tuer le roi et les personnes qui étaient avec lui. Le nombre des accusés montre que les circonstances de réunion n'est plus à démontrer".