
Les faits remontent au mardi 4 août. Un différend opposant des membres de différentes communautés vivant à Kossandji, sous-préfecture de Danguira, dans le département d'Alépé, avait dégénéré en violents affrontements. Le bilan officiel fait état de « sept (07) morts et plusieurs blessés », auxquels s'ajoutent une personne portée disparue et d'importants dégâts matériels. Le parquet d'Abobo, territorialement compétent, avait ordonné l'ouverture d'une enquête pour identifier et interpeller les auteurs des violences. Les investigations ont conduit à l'arrestation de dix-huit personnes, déférées mercredi devant le procureur de la République.
Une information judiciaire a été ouverte à leur encontre pour meurtre, troubles à l'ordre public, détention illégale d'armes à feu des cinquième et sixième catégories, association de malfaiteurs, vol en temps de nuit et en réunion, dégâts volontaires à la propriété mobilière d'autrui, destruction volontaire de tout ou partie d'immeubles au moyen d'un incendie, ainsi que coups et blessures volontaires. Ces infractions sont prévues et punies par les articles 179, 203, 378, 380, 381, 387, 457, 459, 461, 462, 486 et 495 du Code pénal, de même que par les articles 5 et 14 de la loi n°98-749 du 23 décembre 1998 portant répression des infractions à la réglementation sur les armes, munitions et substances explosives. « Ces personnes ont été inculpées des infractions susvisées et placées sous mandat de dépôt », écrit le procureur de la République près le tribunal de première instance d'Abobo, Counta Naffissiatou, dans un communiqué rendu public mercredi.
Située à une soixantaine de kilomètres au nord-est d'Abidjan, la localité de Kossandji relève d'une zone forestière où la pression sur le foncier rural alimente régulièrement des tensions entre communautés autochtones et populations allogènes ou allochtones installées de longue date.
Les autorités ivoiriennes ont engagé depuis plusieurs mois un renforcement des dispositifs locaux de prévention et d'alerte précoce, articulés autour des comités de veille, de la sécurisation des droits fonciers coutumiers et des mécanismes de dialogue intercommunautaire.
Yacouba DOUMBIA
