Société

Orpaillage illégal : Mariatou Koné appelle la Bagoué à faire barrage

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© Droits réservés L’orpaillage clandestin détruit les terres agricoles
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La ministre du Portefeuille de l'État et des Entreprises publiques, Mariatou Koné, a appelé samedi les populations de Boundiali (nord) à faire barrage à l'orpaillage illégal et demandé aux autorités administratives ainsi qu'aux forces de défense et de sécurité d'agir avec fermeté contre les exploitants clandestins.

Députée-maire de la commune, la professeure Mariatou Koné s'exprimait à Nianion, lors de la quatrième session du Conseil municipal de Boundiali, devant les élus, les cadres, les chefs traditionnels et les populations. 

L’orpaillage illégal disparaîtra 

Elle a salué les élus, cadres et chefs de village qui, chacun dans sa zone, s'opposent à l'installation des orpailleurs, et distingué des acteurs engagés de longue date dans ce combat, en particulier des chefs traditionnels et des responsables de mutuelles de développement qui veillent sur les terres et les ressources de la région. « Si tous les chefs font comme eux, je pense que dans notre région de la Bagoué, l'orpaillage illégal disparaîtra. Il faut préserver nos terres, garder notre culture, préserver l'avenir de nos enfants et l'avenir de toute notre région », a-t-elle déclaré. Aux cadres, la ministre a demandé de prendre toute leur part dans la sensibilisation des populations. Elle a réservé un appel particulier aux femmes, invitées à se placer en première ligne. « J'appelle mes sœurs, les mamans : soyez les premières à défendre vos terres, parce que ce sont les terres de vos enfants. Nous comptons sur vous », a-t-elle lancé. Cette intervention prolonge celle du 12 septembre à N'zianouan, dans le département de Tiassalé (sud), où Mme Koné avait déjà confié aux femmes de la localité la mission de s'opposer à l'orpaillage illégal. Dans la Bagoué, son appel rejoint celui du président du Conseil régional, Bruno Nabagné Koné, qui avait interpellé les 29 et 30 août, à Nondara puis à Kolia, les propriétaires terriens, chefs de communauté, agents de l'administration et cadres qui facilitent l'implantation des sites clandestins.

La région figure parmi les huit les plus touchées par le phénomène, où le Groupement spécial de lutte contre l'orpaillage illégal (GS-LOI) doit être étendu, selon les recommandations de l'atelier national de Yamoussoukro, clos le 5 septembre, à l'issue duquel les préfets de région se sont engagés à éradiquer le fléau sous six mois. La semaine dernière, le Conseil national de sécurité a annoncé de nouvelles mesures, dont la radiation de gendarmes impliqués dans des faits liés à l'orpaillage illégal.

Pratiqué à grand renfort de motopompes, de concasseurs et de produits chimiques, l'orpaillage clandestin détruit les terres agricoles, pollue les cours d'eau et détourne de nombreux jeunes de l'école et des champs, dans le nord comme dans le sud du pays, selon les autorités.

Yacouba DOUMBIA