
La place de la Paix de Facobly a servi de cadre 29 septembre 2026 pour la cérémonie de présentation des nouveaux engins pour le traitement et reprofilage des routes et pistes villageoises. Au nom du comité d'organisation, Anny Raush, 2e adjoint au maire, a remercié le préfet pour sa présence malgré ses multiples charges.
Elle a aussi remercié les autorités coutumières et religieuses, les forces de défense et de sécurité et la presse. Elle a remercié le maire pour avoir respecté un engagement électoral : « Nous pouvons dire avec fierté : vous n'avez pas trahi cette confiance. » Pour elle, ces engins ne sont « pas magiques ». Elle y voit « le symbole d'une promesse tenue ».

Porte-parole des populations bénéficiaires, Henri Fae a décrit le quotidien des villages après chaque pluie. Les véhicules s'embourbent et les récoltes pourrissent faute de pouvoir sortir. Les malades peinent à rejoindre les centres de santé, et les enfants arrivent à l'école couverts de boue. « Nous avons cotisé pour louer des engins à des prix qui dépassaient souvent nos moyens. Nous avons parfois ouvert nos pistes à la daba », a-t-il rappelé.
En retour, les populations s'engagent à protéger les engins lors de leurs interventions et à accueillir les conducteurs et les techniciens. Elles s'engagent aussi à travailler avec la mairie pour établir le calendrier des travaux. Le porte-parole a formulé trois vœux. D'abord, que les pistes des villages les plus enclavés passent en priorité. Ensuite, que la deuxième phase arrive comme prévu. Enfin, que la réflexion se poursuive sur le transport des populations éloignées des grands axes. Sa conclusion : « Courage, nous sommes derrière vous. »

Le maire Moïse Gnamké a d'abord répondu aux rumeurs. Certains disaient que les engins étaient un don de l'État. D'autres affirmaient qu'ils n'appartenaient pas à la mairie. « Ces engins ne sont pas ceux du maire. Ce sont les vôtres », a-t-il lancé.
Selon lui, le programme d'équipement coûte près de 600 millions de FCFA et se déroule en deux phases. La première phase a coûté 230 millions : le camion benne de 30 tonnes : 55 millions ; la chargeuse : 65 millions ; la niveleuse : 110 millions.
L'an prochain, la deuxième phase ajoutera un bulldozer sur chenilles, un compacteur de 12 tonnes et un porte-engins. « Ces engins ont été acquis à 100 % sur le budget d'investissement de la mairie », a insisté le maire. L'achat était inscrit dès le premier programme triennal 2024-2026. Il a mis au défi quiconque de trouver une commune ayant acheté ces engins moins cher.

Chaque mois, dix jours de travail seront réservés à la commune, soit environ 120 jours par an. Chaque village recevra en moyenne 7 à 8 jours par an. Ce quota sera ajusté selon la taille et les besoins : de 4 jours pour certains villages à 15 jours et plus pour d'autres. Le calendrier sera fixé avec les chefs de villages. Le nombre de jours est fixe, mais les dates pourront s'adapter aux urgences. Le maire a cité l'exemple de Soumahé, où les engins ouvriront les voies pour l'extension du réseau électrique.
Un village qui a épuisé son quota pourra toujours faire appel aux engins. Il ne paiera qu'un tarif préférentiel, qui couvre surtout le carburant. « Ça n'aura rien à voir avec la location des engins telle qu'elle est aujourd'hui », a promis le maire.
Le reste du temps, les engins seront loués pour des prestations extérieures. « Demain, quand vous verrez ces engins travailler ailleurs, ne dites pas que la mairie enlève les engins de la commune. C'est pour aller chercher de l'argent », a prévenu Moïse Gnamké.
À son arrivée, les recettes propres de la commune étaient de 24 millions de FCFA. Elles dépassent aujourd'hui 50 millions, et la mairie vise 60 millions d'ici la fin de l'année. Les engins de la première phase devraient rapporter environ 40 millions par an. Avec le parc complet, ce chiffre devrait atteindre 60 millions. L'objectif est d'atteindre 100 millions de recettes propres avant la fin du mandat, en 2028, sans alourdir les impôts des populations. Le maire a annoncé un grand programme social, qu'il garde « encore au laboratoire » pour le moment.
Le préfet du département, Antoine Kouakou, a félicité le maire et son conseil municipal. Selon lui, cet achat n'est « pas un simple affichage d'équipement » : il démontre une gestion axée sur les résultats. Les engins permettront de désenclaver les villages et de mieux assainir la ville. Ils aideront aussi à intervenir vite après les intempéries. Le préfet y voit « la décentralisation qui prend tout son sens ».