
Alors que plusieurs observateurs évoquent déjà les ambitions continentales du président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), le journaliste d'investigation indépendant Romain Molina a publié, ce jeudi 30 juillet 2026, un message particulièrement critique dans lequel il accuse le dirigeant ivoirien de manipuler les autorités du pays afin d'obtenir leur soutien pour sa réélection à la tête de la FIF.
Ces déclarations interviennent quelques jours seulement après une publication de Jeune Afrique. Le magazine révélait que Yacine Idriss Diallo nourrirait l'ambition de briguer la présidence de la CAF en 2029, une fois réélu à la tête de la Fédération ivoirienne de football lors de l'élection prévue le 12 septembre prochain.
S'adressant directement au gouvernement ivoirien sur ses réseaux sociaux, Romain Molina affirme que le président de la FIF présenterait sa réélection comme une étape indispensable vers la conquête de la tête de l'instance dirigeante du football africain. Selon le journaliste, Yacine Idriss Diallo soutiendrait notamment que le président actuel de la CAF, Patrice Motsepe, le considérerait comme son successeur. Une affirmation que Romain Molina réfute catégoriquement, estimant qu'elle "n'a jamais été énoncée par l'intéressé".
Le journaliste remet également en cause l'argument d'un prétendu soutien du Maroc à une éventuelle candidature ivoirienne. D'après lui, si les relations entre les deux fédérations sont bonnes, aucune promesse claire de soutien n'aurait été formulée par les responsables marocains, notamment en raison de leurs liens étroits avec Ahmed Yahya, président de la Fédération mauritanienne de football.
Dans son message, Romain Molina va plus loin en dénonçant ce qu'il qualifie de stratégie destinée à favoriser une réélection sans véritable adversaire. Il évoque notamment l'invitation de présidents de Ligues et d'autres électeurs à la Coupe du monde aux États-Unis, tout en faisant allusion à des bonus qui auraient été distribués à certains participants.
Le journaliste critique enfin la gouvernance du football ivoirien, en particulier la gestion de l'équipe nationale féminine. Il accuse la Fédération d'avoir confisqué des passeports à des joueuses, de leur avoir interdit de s'exprimer sous peine d'exclusion et évoque également des difficultés liées au paiement des primes. Romain Molina a surtout annoncé la publication, dans les prochains jours, d'un article détaillé ainsi que d'une vidéo destinés, selon lui, à étayer l'ensemble de ses affirmations.
Pour l'heure, ni la Fédération ivoirienne de football ni les autorités ivoiriennes n'ont officiellement réagi à ces graves accusations, qui interviennent à quelques semaines d'une élection décisive pour l'avenir de la gouvernance du football ivoirien. Faut-il le rappeler, Romain Molina fait partie des journalistes à avoir dévoilé les liens étroits entre la Fédération argentine de football (AFA) et la FIFA avec la création des sociétés dites secrètes par lesquelles des fonds passeraient pour être blanchis.