
Alors que l’arrêté N°750/MCF/CAB du 14 octobre 2025 déterminant le régime juridique des entrepreneurs de spectacles vivants sur le territoire national est près de rentrer dans sa phase opérationnelle, plusieurs entrepreneurs culturels et autres promoteurs de spectacles ivoiriens émettent plusieurs inquiétudes. Au nombre de ceux-ci, compte-t-on la Web-comédienne Eunice Zunon. Promotrice de ses spectacles d’humour, Eunice Zunon a dans une lettre ouverte adressée à la ministre Françoise Remarck cherché à comprendre ce qu’il en est réellement de cet arrêté fixant notamment des conditions pour acquérir des licences pour organiser des spectacles sur le territoire national. « Licence de quoi, au juste ? J’avoue que je ne comprends pas », a-t-elle interrogé dans sa lettre ouverte.
Même si cet arrêté vieux de plus d’un an a déjà franchi toutes les étapes de discussion, d’explication et de propositions pour se rapprocher de la phase pratique, la Web-comédienne dit toutefois ne rien y comprendre. « Je refuse, pour l’instant, de croire que les montants évoqués correspondent simplement à une nouvelle charge financière, sans contrepartie ni allègement des nombreuses obligations qui pèsent déjà sur les organisateurs, je sais que vous n’avez pas pour intention de voir mourir mon art que vous avez une fois apprécié par manque de moyens. Si cette licence apporte réellement des avantages, des facilités administratives ou une simplification des procédures, alors il est essentiel de l’expliquer clairement », fait-elle savoir non sans appeler la ministre de tutelle à plus d’explications. « Je vous adresse donc cette requête avec beaucoup de respect afin de solliciter des explications claires, précises et approfondies. Une information aussi importante ne peut pas être résumée à un simple chiffre. Elle suscite de nombreuses interrogations et de réelles inquiétudes », a-t-elle sollicité.
Par ailleurs, s’est-elle indignée de n’avoir pas été associée à plusieurs rencontres entre la tutelle et les promoteurs de spectacles. « J’ai également remarqué qu’une réunion a été organisée autour de cette question. Sauf erreur de ma part, elle m’a semblé assez restreinte. Je n’y ai vu aucun représentant des organisateurs indépendants auxquels je peux m’identifier, ni aucune personne ayant déjà organisé un de mes événements ou recherché des sponsors pour les financer. Pourtant, ceux qui organisent régulièrement des spectacles et des événements sur fonds propres connaissent les réalités du terrain et auraient certainement eu des observations pertinentes à partager », a-t-elle déploré se persuadant que d’autres tribunes pour lever les incompréhensions autour de la question seront organisées. « Le dialogue est toujours préférable aux incompréhensions. Les décisions qui concernent toute une profession ne devraient jamais être prises ou présentées sans que l’ensemble de cette profession puisse les comprendre », a-t-elle relevé.
Eunice Zunon dit ne pas être contre la volonté de la tutelle de « moderniser et de structurer le secteur culturel », toutefois, recommande-t-elle au ministère de la Culture et de la Francophonie à « s’inspirer de modèles qui fonctionnent ailleurs ».
La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a présenté le mardi 23 décembre 2025 au Musée des civilisations de Côte d’Ivoire au Plateau, aux faitières ainsi qu’aux acteurs de l’industrie du spectacle, l’arrêté n°750/MCF/CAB du 14 octobre 2025 déterminant le régime juridique des entrepreneurs de spectacles vivants sur le territoire national. Cet arrêté devrait mettre fin au désordre dans le secteur tout en fixant les conditions d’exercice du métier d’entrepreneur de spectacles vivants à travers la détention et l’obtention d’une licence. L’exercice de promoteur de spectacles était désormais conditionné par la présentation d’une licence. Que l’opérateur soit un diffuseur, un producteur ou une salle de spectacles. Lors de la présentation de cet arrêté, plusieurs professionnels, acteurs et faitières du secteur avaient salué l’initiative.