Culture

Association des écrivains de Côte d'Ivoire : Quarante ans de plume au service de la littérature ivoirienne

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Fondée en 1986 par la volonté d'un homme, l'Association des écrivains de Côte d'Ivoire (AECI) souffle cette année, sa quarantième bougie. Entre mémoire, unité et ambitions renouvelées, retour sur l'histoire d'une institution devenue incontournable dans le paysage littéraire national.

L'histoire de l'Association des écrivains de Côte d'Ivoire (AECI) commence le 31 août 1986, sous l'impulsion de Paul Ahizi, agronome et poète.

Une maison née de la volonté de rassembler

Il portait alors un projet clair : rapprocher l'Association des poètes de Côte d'Ivoire (APOCI) et l'Union des poètes et écrivains ivoiriens (UPEI) pour donner naissance à une maison commune. L'objectif était de mettre fin aux rivalités qui minaient jusque-là les différentes structures d'auteurs, au profit d'une action unie en faveur de la littérature ivoirienne. Naissait ainsi l'Association des écrivains de Côte d'Ivoire, avec pour ambition de porter haut la création littéraire nationale et de défendre les intérêts professionnels et économiques des écrivains.

Des missions au service des auteurs et de la lecture

Depuis sa création, l'AECI s'est fixé plusieurs missions clés : la promotion de la littérature ivoirienne à travers cafés littéraires, colloques et festivals ; la défense des droits et des conditions de vie des écrivains ; le soutien aux jeunes talents par le mentorat et les ateliers d'écriture ; ainsi que la fédération de tous les acteurs de la chaîne du livre autour d'un cadre de réflexion commun.

Quarante ans d'histoire, huit présidents

L'association a connu une succession de présidents, chacun ayant marqué son passage : Paul Ahizi (1987-1991), Tanella Boni (1991-1997), Josette Abondio (1997-2000), Maurice Bandaman (2000-2004), Foua Ernest de Saint Sauveur (2004-2011), Josué Guébo (2011-2016), Macaire Etty (2016-2022), puis Hélène Lobé Wagga depuis 2022. Parmi les jalons marquants, figurent la création du Grand Prix Ivoire en 1999, l'inscription de l'AECI sur la liste du protocole d'État, ainsi que la restructuration de son site internet en plateforme interactive.

Une association consolidée face aux défis de demain

Aujourd'hui, l'AECI est structurée autour d'une présidence, d'un secrétariat général, de cinq vice-présidences et de cinq secrétariats, pour un total de trente membres. En 2025, l'association a organisé des états généraux sur la condition de l'écrivain et a inauguré son propre siège, symbole de sa maturité institutionnelle après trente-neuf ans d'existence.

Ils témoignent...

Pour la présidente actuelle, Dr Hélène Lobé Wagga, cette longévité tient à l'esprit collectif de l'association. « Notre plus belle œuvre est collective. Elle réside dans l'unité qui rassemble et responsabilise les aînés envers les plus jeunes plumes », souligne-t-elle. Elle appelle à poursuivre cet élan. « Honorons le passé, unissons le présent, inspirons l'avenir ! », appelle-t-elle.

Pour Macaire Etty, 7e président de l'AECI et président honoraire, cette longévité repose sur un socle originel. « Depuis quarante ans, l'AECI tire sa force de l'alliage indissoluble de ses deux courants fondateurs. Face aux velléités de division, notre unité reste le seul garant d'une parole littéraire ivoirienne forte et respectée », affirme-t-il.

De son côté, l'ancien président Maurice Bandaman salue l'héritage de l'esprit de rassemblement voulu par le fondateur. « Un esprit seul triomphait et cet esprit doit continuer de triompher : l'amour des lettres ! », relève-t-il. Il rappelle également la particularité de la transmission du pouvoir au sein de l'association : « notre association a fait du passage de témoin une affaire de famille, évitant des luttes fratricides ».

Quarante ans après sa création, l'AECI se veut désormais tournée vers l'avenir, forte d'une mémoire collective qu'elle entend transmettre aux générations montantes d'écrivains ivoiriens.

Raymond YAO