
Placée sous le thème « De l’intelligence artificielle à l’impact », cette rencontre a réuni des acteurs des secteurs public et privé, des institutionnels ainsi que des représentants du monde académique autour des enjeux liés à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité, à la souveraineté numérique et à la compétitivité. Pour Amadou Coulibaly, l’essor rapide des technologies d’intelligence artificielle impose désormais aux pouvoirs publics de mettre en place un cadre permettant d’en encadrer les usages. « L’intelligence artificielle générative est déjà là. Il faut maintenant en réguler l’utilisation », a déclaré le ministre. Il a salué l’initiative du groupe AITEK, estimant que ce type de rencontre permet au secteur privé et à l’administration d’échanger sur les défis liés aux nouvelles technologies. Les propositions issues des discussions pourraient, selon lui, être mises à la disposition du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique afin de contribuer à la prise de décision.
Le ministre de la Communication a insisté sur la vitesse d’évolution des technologies, qui impose aux États de ne pas attendre que les usages soient déjà installés avant d’intervenir. Il a comparé la situation actuelle à celle des réseaux sociaux, dont l’utilisation s’est largement développée avant la mise en place progressive de règles dans plusieurs pays. Pour Amadou Coulibaly, la régulation doit notamment permettre de garantir une utilisation éthique et responsable de l’intelligence artificielle. Cette question intervient alors que les outils d’IA générative sont désormais accessibles au grand public et utilisés dans de nombreux domaines, aussi bien par les entreprises que par les administrations et les particuliers.
La cybersécurité a également occupé une place importante dans les échanges du sommet
Amadou Coulibaly a appelé les entreprises publiques et privées à se conformer aux normes ivoiriennes en matière de cybersécurité. Il a souligné que les chiffres disponibles sur les cyberattaques ne représentent que les incidents ayant fait l’objet d’une déclaration. « Les chiffres qui ont été donnés sont ceux des attaques qui ont été déclarées », a-t-il expliqué, laissant entendre que le nombre réel d’incidents pourrait être plus important. Le ministre a insisté sur la mise en conformité des entreprises, estimant que le non-respect des normes de cybersécurité constitue autant de vulnérabilités susceptibles d’être exploitées. Les conséquences d’une cyberattaque ne se limitent pas aux pertes financières, a-t-il également relevé. Elles peuvent affecter la réputation d’une entreprise et, dans certains cas, compromettre sa survie. « Nous lançons cet appel-là pour que tout le monde se mette en conformité avec les normes de cybersécurité qui ont été dictées par le pays », a-t-il déclaré.
Pour le fondateur et CEO du Groupe AITEK, Dr Redda Ben Geloune, l’enjeu du sommet est précisément de dépasser le simple discours sur l’intelligence artificielle. « La véritable question aujourd’hui, c’est de savoir comment on va passer justement de l’intelligence artificielle à un impact », a-t-il déclaré. Selon lui, l’objectif est de réfléchir à la manière dont l’IA peut améliorer la vie des citoyens, contribuer au développement de la Côte d’Ivoire et aider l’Afrique à réduire son retard technologique face à l’Europe, à l’Asie et aux États-Unis.
Le patron d’AITEK estime que cette réflexion doit associer l’ensemble des composantes de l’écosystème. « On réunit aujourd’hui le secteur privé, le secteur public, les institutionnels et le secteur académique », a-t-il souligné. Pour lui, l’intérêt d’un tel rendez-vous réside moins dans le nombre de participants que dans la capacité des échanges à faire émerger des solutions nouvelles. « Il faut de la friction, il faut qu’on réponde à des questions qui ne sont absolument pas confortables », a-t-il insisté. La deuxième édition de l’Aitek Innovation Summit a notamment proposé cinq panels, dix masterclasses, un salon technologique et des rencontres B2B. Pour Dr Redda Ben Geloune, l’ambition est également d’inscrire cette initiative dans la durée et de maintenir le dialogue sur les défis auxquels fait face l’économie ivoirienne. « Ce qui nous intéresse, c’est que nos enfants et nos petits-enfants puissent recevoir une Côte d’Ivoire meilleure que celle que nous avons nous-mêmes reçue », a-t-il conclu.