
La phrase est d’Ange Fabien Guei, directeur général de NCI, et elle a été prononcée devant une salle pleine. Les 2 509 places de l’avant-première d’Ebinto au Grand Rex de Paris avaient toutes trouvé preneur, et quatre dates supplémentaires dans la capitale française sont déjà complètes. Ivoiriens, Africains et spectateurs d’autres nationalités ont ainsi découvert, sur grand écran, l’adaptation des Frasques d’Ébinto, le roman d’Amadou Koné, produite et réalisée en Côte d’Ivoire avec des acteurs ivoiriens par le producteur Charly Kodjo et le réalisateur Luc Gnépa.
D’Abidjan à Paris
Le film avait déjà rempli les salles chez lui. À Abidjan, l’avant-première s’était jouée devant des salles pleines, après de longues files d’attente, et les séances supplémentaires programmées depuis dans la ville et à Bouaké affichent toutes complet. Le public retrouve dans Ebinto un livre souvent lu à l’école, au temps des premières émotions de l’adolescence, et le film attire aussi des jeunes qui ont connu l’histoire par le récit de leurs parents. Les décors et les costumes des années 1960 et 1970, comme l’invitation faite aux spectateurs de venir en tenue d’époque, ajoutent à l’ambiance des séances. Ange Fabien Guei lui-même s’est présenté au Grand Rex en haut-de-forme, aux côtés de Sandra Coulibaly Camara, directrice de la fiction.
La confiance d’un producteur
Le directeur général de NCI a dit sa fierté de voir la première coproduction de la chaîne au cinéma, après les séries Castes, L’Agence et Zanka, recevoir un tel accueil, et il a salué le travail de Charly Kodjo, de Luc Gnépa, des comédiens et des équipes. Le réalisateur, lui, a éclaté en sanglots en évoquant la confiance du producteur. Peu connu, sans communauté de fans, Luc Gnépa avait le sentiment que personne ne misait sur lui. Charly Kodjo a pourtant maintenu son choix malgré les réserves que les partenaires financiers avaient, selon lui, exprimées sur son manque d’expérience.
Devant Maurice Bandaman, ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, ancien ministre de la Culture et écrivain, Ange Fabien Guei a rappelé que le diplomate enseignait le français dans un lycée de Dabou lorsqu’il a remporté, en 1993, le Grand Prix littéraire d’Afrique noire pour Le Fils de la femme-mâle, et il a souhaité voir ce roman adapté à son tour. D’où cette phrase, lancée au Grand Rex : « Nos histoires méritent de voyager aussi loin que nos talents ».
Yacouba DOUMBIA