Économie

Transport urbain : Les conducteurs VTC entre recherche de recette et conformité

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À Abidjan, le secteur du transport avec chauffeur a atteint un certain équilibre, dominé par quelques acteurs majeurs.

Dans cet écosystème concurrentiel, une plateforme comme Yango s’impose avec une avance notable. D’autres opérateurs, plus discrets ou en pleine progression, tentent de se positionner sur un marché en mutation.

Mais derrière cette structuration apparente, la réalité des conducteurs reste marquée par une tension permanente entre rentabilité et conformité réglementaire. Pour beaucoup, l’objectif est de maximiser les recettes quotidiennes afin de faire face aux charges et améliorer des fins de mois souvent serrées. 

Dans cette logique, plusieurs chauffeurs n’hésitent pas à naviguer entre différentes applications, alternant selon les zones, les heures et la demande. Sur le terrain, cette stratégie d’optimisation s’accompagne toutefois de nouvelles contraintes.

Depuis le 1er mars 2026, l’entrée en vigueur de l’article 30 de l’annexe fiscale impose aux propriétaires de véhicules VTC le paiement d’une patente de transport. Une réforme majeure qui remplace le prélèvement à la source de 4 % et redéfinit les obligations fiscales du secteur.

Pour Aristide K., chauffeur basé à Cocody, cette évolution n’est pas sans conséquence. « Aujourd’hui, on ne peut plus juste chercher des courses. Il faut aussi être en règle. Certaines plateformes te rappellent constamment de mettre à jour tes documents, de déclarer ta patente. C’est contraignant, mais ça sécurise aussi notre activité », a-t-il expliqué, selon un communiqué de presse reçu par la rédaction de lavenir.ci. 

D’autres conducteurs, comme Sékou D., partagent leur expérience d’une activité désormais plus complexe à gérer. « On est obligé de jongler entre les applications pour gagner plus. Mais en même temps, il faut penser aux papiers, aux taxes. Si tu n’es pas organisé, tu peux vite te retrouver en difficulté », a-t-il reconnu avec peine. 

Dans ce contexte, la différence entre les plateformes ne se limite plus aux tarifs ou au volume de courses. Elle se joue aussi sur leur capacité à accompagner les chauffeurs dans leur mise en conformité. Sur ce point, certains acteurs ont pris une longueur d’avance en intégrant des outils de suivi, des rappels réguliers et un accompagnement administratif.

 C'est-à-dire qu'à mesure que les contrôles s’intensifient et que le secteur se formalise, les conducteurs se retrouvent à la croisée des chemins. Entre la quête de revenus immédiats et le respect des nouvelles exigences fiscales, leur équilibre devient de plus en plus fragile. Une réalité qui redessine, il faut le dire, en profondeur, les contours du transport urbain à Abidjan.