
Les faits
Tout commence le samedi 12 septembre 2026, par une matinée en apparence ordinaire. Deux femmes enfourchent leur moto pour rejoindre leur champ. Un trajet qu'elles connaissent par cœur, sans doute fait cent fois. Rien, absolument rien, ne laisse présager ce qui les attend quelques minutes plus tard.
Elles roulent tranquillement quand, d'un coup, trois hommes jaillissent des hautes herbes, bâtons en main. Ils se plantent au milieu du chemin et les obligent à s'arrêter net.
Face à leurs agresseurs, les deux femmes n'ont aucune chance. Les coups de poing pleuvent, les bâtons s'abattent. Quand tout s'achève, elles n'ont plus ni leur moto ni leurs deux téléphones portables. Les trois hommes, eux, s'évanouissent dans la nature, en direction de Ferkessédougou. Encore sous le choc, les victimes finissent par gagner le commissariat de police de Tafiré. Là, il faut raconter, revivre la scène, mettre des mots sur la peur. Mais elles tiennent à ce que les policiers sachent. Ceux-ci prennent l'affaire en main. Placées sous la supervision du préfet de police de Bouaké, les investigations démarrent aussitôt.
Les jours passent. Les enquêteurs, eux, ne lâchent pas prise.
Leurs recherches les mènent peu à peu vers Ferkessédougou, où une collaboration s'engage avec les autorités policières locales, notamment avec le chef de service du commissariat du 2ᵉ arrondissement. Il faut dire que cette coopération va se révéler décisive.
Après environ un mois d'investigations, deux suspects sont enfin interpellés. Il s'agit de : K I, alias « Diablo », 29 ans, et C E, alias « Ephra », 30 ans. Sans emploi tous les deux, ils vivent à Ferkessédougou.
Face aux enquêteurs, lors de leurs auditions, les deux hommes reconnaissent avoir participé à l'agression. Ils désignent aussi un troisième complice, mais celui-là reste, pour l'instant, introuvable.
Et l'histoire ne s'arrête pas là. Des auditions qui ouvrent d'autres dossiers . Au fil des interrogatoires, les policiers comprennent qu'ils ont peut-être tiré sur un fil bien plus long que prévu. Les deux suspects et leurs complices présumés seraient en effet impliqués dans d'autres vols de motos avec violence, mais aussi dans des cambriolages de boutiques et de magasins. Un nom retient surtout l'attention. Celui de K I, alias « Diablo ». D'après les renseignements recueillis, l'homme traîne un lourd passé judiciaire, avec trois condamnations à son actif. Autrement dit, trois séjours en prison n'auront pas suffi. Le voilà de nouveau mis en cause dans une affaire de vol avec violence.
L'interpellation des deux suspects est sans conteste une belle avancée. Mais l'enquête, elle, est loin d'être bouclée. Les policiers continuent de chercher le troisième homme, de remonter la piste d'éventuels autres complices et, surtout, de remettre la main sur la moto et le second téléphone portable volés aux deux femmes. Pour ces femmes, ces objets ne sont pas de simples biens. C'est aussi leur outil de travail, leur quotidien. En attendant, les deux suspects ont été déférés devant les juridictions compétentes.