
Les faits incriminés
Tout commence le 17 janvier 2026, sur l’axe routier Iboké–Olodio. Ce jour-là, les adjudants Z.J.P. et D.Y. effectuaient un contrôle routier, sans savoir qu’un dispositif de captation vidéo enregistrait leurs agissements. Les images, projetées à l’audience, révèlent une scène troublante : l’un des sous-officiers reçoit de l’argent d’un motocycliste, tandis que l’autre intervient pour rendre la monnaie.
À la barre, les deux prévenus ont tenté de minimiser les faits. L’adjudant Z.J.P. a affirmé qu’il s’agissait d’un simple échange de monnaie avec une connaissance, évoquant même un billet de 5 000 FCFA remis pour obtenir 4 000 FCFA en retour, le reliquat étant destiné à « acheter de l’eau ». Quant à l’adjudant D.Y., il a soutenu qu’il était en repos et qu’il n’avait fait qu’aider son collègue à rendre l’appoint. Il a maladroitement ajouté que certains usagers préféraient « régler les contraventions sur place ». Cependant, face à des preuves jugées irréfutables, le Tribunal Militaire d’Abidjan n’a pas été convaincu. En application des articles 474, 484 et 559 du Code pénal, les deux adjudants ont été déclarés coupables. La sanction est lourde : six mois d’emprisonnement ferme et une amende de 600 000 FCFA chacun.
Au-delà de la peine, cette décision envoie un signal clair : les forces de défense et de sécurité doivent incarner discipline et exemplarité. Dans un contexte où la confiance des citoyens repose sur la probité des institutions, toute dérive est sanctionnée sans concession.