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RDC : Une vidéo de maltraitance en maternité suscite l’émoi

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Une vidéo insoutenable, massivement relayée sur les réseaux sociaux, a provoqué une onde de choc en République démocratique du Congo.

Les images, tournées à l’hôpital général de référence de Kinkole, près de l’aéroport de Kinshasa, ont, selon nos sources, suscité une vive indignation au sein de l’opinion publique.

La séquence montre en effet une femme en post-partum en train de subir un acte médical d’une extrême brutalité. Selon les images diffusées, le praticien tente de suturer une déchirure vaginale sans anesthésie adéquate. La patiente, en proie à une douleur intense, hurle. En réaction, le médecin adopte un comportement violent et la frappe, aggravant la stupeur suscitée par ces images.

Très vite, la toile s’est enflammée ! De nombreux internautes, notamment des femmes, ont exprimé leur colère et partagé des témoignages similaires, dénonçant des pratiques jugées inhumaines dans certaines structures de santé. Cette vague de réactions a mis en lumière une problématique plus large liée aux violences obstétricales et au respect des droits des patientes.

Face à l’ampleur de l’indignation, plusieurs personnalités politiques sont montées au créneau. La Première ministre de la RD Congo, Judith Suminwa, la Première dame Denise Tshisekedi et la rapporteure du Sénat, Nefertiti Ndudianza ont fermement condamné ces faits. Toutes ont appelé à des mesures fortes pour garantir la dignité des patientes.

Dans la foulée, le ministre de la Santé, Samuel Kamba, a annoncé l’ouverture d’un contrôle au sein de l’établissement concerné. Le médecin incriminé a été suspendu à titre provisoire, en attendant les conclusions des enquêtes diligentées par le ministère de la Justice.

Mais pour plusieurs organisations de défense des droits des femmes, cette affaire ne saurait être réduite à un cas isolé. Elles évoquent une crise structurelle du système de santé, appelant à des réformes profondes pour prévenir et sanctionner durablement les violences obstétricales et gynécologiques.

La victime, quant à elle, a été transférée dans une clinique privée de Kinshasa où elle bénéficie désormais d’une prise en charge appropriée. Dans l’opinion, une exigence s’impose désormais. Il s'agit de transformer l’émotion collective en actions concrètes pour que de tels actes ne se reproduisent plus.