
Lors d'une visite officielle à Pretoria, le président mozambicain Daniel Chapo a appelé à une action commune contre la xénophobie, en rappelant les liens historiques qui unissent les deux pays depuis la lutte contre l'apartheid. « Il est essentiel que nos deux nations combattent ensemble la xénophobie. Le Mozambique a été un allié précieux des Sud-Africains durant la lutte contre l'apartheid. Nous avons toujours été côte à côte dans ce combat », a déclaré le chef de l'État mozambicain.
Selon Daniel Chapo, les échanges avec son homologue sud-africain ont aussi permis de souligner l'interdépendance historique des deux pays et l'urgence de transformer leur proximité géographique en véritables partenariats économiques et sociaux. Les deux pays prévoient ainsi d'accélérer plusieurs programmes communs dans des secteurs clés comme l'agriculture, l'énergie, les mines et les infrastructures.
Cette nouvelle dynamique intervient dans un contexte marqué par des manifestations anti-migrants dans plusieurs villes sud-africaines, notamment à Durban, Johannesburg et Le Cap. Ces mouvements ont ciblé diverses communautés étrangères, dont des Mozambicains, des Basothos et des Zimbabwéens, avec des cas de menaces d'expulsion, de harcèlement et de violences. La situation inquiète les organisations régionales et la communauté internationale, alors que plus de 300 000 Mozambicains vivent actuellement en Afrique du Sud.
De son côté, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a souligné l'importance de cette rencontre pour aborder les défis communs – économiques, sécuritaires et sociaux, auxquels font face Pretoria et Maputo. Il a précisé que les mesures contre les travailleurs en situation irrégulière seraient maintenues, tout en assurant que des mécanismes de régularisation des migrants continueraient d'être encouragés.
« Nous encourageons toutes les personnes venant d'autres pays à s'assurer qu'elles ont les documents nécessaires », a déclaré Cyril Ramaphosa. Le président sud-africain a également promis que les discussions sur les questions commerciales et réglementaires se poursuivraient, afin de renforcer les échanges bilatéraux et d'apaiser les tensions entre les deux nations.