
L'objectif est claire, fournir des prévisions immédiates, de 0 à 6 heures, plus fiables et adaptées aux réalités locales, afin de renforcer la résilience face aux conditions météorologiques extrêmes.
Grâce aux satellites de troisième génération, les services météorologiques d’Afrique de l’Ouest, de l’Est, centrale et australe pourront désormais anticiper avec une précision accrue les phénomènes climatiques soudains. Ainsi, les prévisions ne seront plus seulement globales, mais ajustées aux risques régionaux et aux priorités nationales. Ce mécanisme s’inscrit dans l’initiative onusienne « Alertes précoces pour tous » et dans le programme AMHEWAS de l’Union africaine. Il vise à renforcer les systèmes d’alerte précoce et la gouvernance des risques, en s’appuyant sur des données probantes et accessibles à l’ensemble des pays du continent.
Phil Evans, directeur général de l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT), a salué « une avancée importante vers la maîtrise complète des capacités africaines de prévision météorologique ». Selon lui, le développement de produits satellitaires adaptés aux besoins locaux permettra non seulement de mieux affronter les aléas climatiques, mais aussi de soutenir le développement durable.
Chaque centre AMSAF disposera d’une infrastructure de traitement locale ou basée sur le cloud, accompagnée d’un programme complet de renforcement des capacités. De plus, la bande passante du système de diffusion des données EUMETCast‑Afrique a été élargie cette année, garantissant une meilleure disponibilité des informations.
Pour rappel, l’AMSAF est le fruit du projet SEWA (Renforcement des systèmes d’alerte précoce en Afrique), porté par la Commission de l’Union africaine et financé par l’Union européenne dans le cadre du partenariat spatial Afrique‑UE Global Gateway. Ce réseau marque une étape décisive : l’Afrique ne se contente plus de recevoir des données, elle construit désormais ses propres outils pour anticiper et agir face aux défis climatiques.