
Cela fait un moment qu'on ne voit plus Paul Madys alors que vous êtes revenu d'exil il y a bien longtemps. Qu'est-ce qui selon vous pourrait expliquer une telle absence ?
Il faut dire que le pays est constitué de sorte qu'aujourd'hui, on ne sait vraiment plus dans quelle direction poser un pas sans qu'on se tape dessus. On est pris dans un engrenage qui ne dit pas son nom. Si tu as salué X, Y va mal te regarder. Tu as parlé avec X, Z va mal te regarder. Donc on prend carrément le temps. Et moi ça me permet surtout de préparer mon album, surtout. Sinon que je suis là.
Après ces observations, je me suis dit, ben écoute, travaillons en sorte qu'on puisse mettre tout le monde d'accord. Parce que l'image que les gens ont de Paul Madys à savoir « Paul Madys a été politique, il a été du côté d'un leader politique, il a été ci, il a été ça...», voilà l'image que les gens ont de moi. Les gens oublient que Paul Madys est un chanteur à part entière. C'est pourquoi je me suis carrément calmé avec mes gars pour qu'on travaille. Vous voyez le matériel derrière nous là ? On travaille tout le temps pour peaufiner l'album. On a vraiment envie de le sortir le plus tôt possible pour que les Ivoiriens voient vraiment le talent de chanteur de Paul Madys.
« On est pris dans un engrenage qui ne dit pas son nom »
Parlez-nous de votre hit ‘’Arrêtez’’ qui semble avoir été la cause de vos problèmes...
Paul Madys, c'est vrai, qu’à un moment donné de son histoire, c'est quelque chose qu'on ne peut pas oublier, a sorti un chant qui a marqué la Côte d'Ivoire. Ce chant est sorti en trois étapes. D'abord en 1998, je crois bien, avec Valen Guédé qui avait appelé plusieurs artistes sur un album où chacun avait apporté un chant. C'est là que j'ai apporté la chanson ‘’Arrêtez’’. Et ce tube était intitulé ‘’Réconciliation en chantant’’, qui avait été produit par Valen Guédé. Après, il y a un personnage, monsieur Paul Dokui, paix à son âme, qui nous a appelés et qui a demandé qu'on reconduise cette chanson. Chose qu'on a faite sur l'album ‘’Réconciliation’’. Mais avec ce que la Côte d'Ivoire a traversé, j'ai été contacté par plusieurs structures, plusieurs personnes, plusieurs producteurs qui étaient prêts à miser gros sur cette chanson. Mais j'ai plutôt choisi Jacques Zadi et Jeff Aka de la RTI en son temps.
C’est donc la RTI qui a vraiment propulsé cette chanson pour parler à la Côte d'Ivoire, parler aux Ivoiriens. Je n'ai pas parlé à un camp. J'ai parlé aux Ivoiriens. Et je n'ai pas dit dans ma chanson, ‘’ne détruit pas mon village qui est Kragbalilié’’. Je n'ai pas dit ‘’ne détruisez pas ma famille’’. J'ai plutôt dit ‘’ne détruisez pas mon pays’’. Notre pays, c'est la seule chose qu'on a. Tu vas beau tourner dans le monde entier, mais c’est ton seul pays que tu as. C'est la Côte d'Ivoire qu'on a. Donc si la Côte d'Ivoire brûle, on devient quoi ? Mais on brûle tous. On perd notre identité. Et c'est dans cette optique qu'on a sorti cet album. Beaucoup ont aimé la chanson. D'autres n'ont pas aimé parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec le pouvoir qui était là. Mais ils oubliaient que nous, on faisait des choses de sorte qu'on puisse avoir plus de personnes vivantes que de mortes. Au lieu de reconnaître cela, ils nous ont tapé dessus parce qu'on a existé sous un pouvoir. C'est dommage !
« On faisait des choses de sorte qu'on puisse avoir plus de personnes vivantes que de mortes »
Justement, avec ce pouvoir passé, quelles étaient vos relations hier et aujourd’hui ?
Moi je suis rentré en Côte d'Ivoire en son temps parce que j'ai été frappé par plusieurs deuils. Donc je me suis dit, écoute, soit tu pars chez toi parce que tu n'as qu'un seul pays et tu restes aux côtés de tes parents qui sont dans des conditions vraiment difficiles parce qu'il y a eu plusieurs morts ; ou bien tu restes ici (en exil) et puis tu péris là. J'ai donc fait le choix de rentrer. Je n'ai pas négocié avec quelqu'un. Je n'ai pas discuté avec quelqu'un. J'ai pris seulement le courage de rentrer en Côte d'Ivoire. Et je suis rentré en Côte d'Ivoire. Ça n'a pas plu à beaucoup. D’aucuns m'ont dit que j'ai trahi leur lutte.
Ça, ce sont des phrases que j'ai entendues. Que j'ai trahi la lutte. Mais je suis en exil...vous voyez les enfants qui passent là ? Ce sont mes enfants. Vous ne savez pas ce qu’ils ont traversé derrière moi. J'ai perdu mes grandes sœurs. J'ai perdu ma petite sœur. J'ai perdu mon grand frère. J'ai perdu presque tout le monde. Ma vie vaut quoi auprès de toutes ces vies ? Donc je suis rentré. Ça n'a pas plu aux gens. Aujourd'hui moi je suis là. J'observe. Je regarde. Celui qui pense que j'ai été utile avec lui quand il était là, il m'appelle. Je suis là. Mais si personne ne m’appelle, je ne peux pas forcer la main à quelqu'un. Parce que ce que j'ai fait, je l'ai fait pour tout ce monde-là.
Si aujourd'hui on me dit, tu es rentré, donc tu es persona non grata, c’est à eux de juger, c'est à Dieu de nous juger. Je ne juge personne. Donc je suis dans mon coin avec ma petite famille. Et puis, je fais mon travail. Si demain je sors mon album que les Ivoiriens l'écoutent et qu'ils voient cet artiste que je suis, je crois que chacun va dire qu’on s’est trompé. Et puis je le dis encore, ils se sont beaucoup trompés sur mon compte.
« Je suis rentré en Côte d'Ivoire en son temps parce que j'ai été frappé par plusieurs deuils »
Est-ce qu’on doit comprendre par-là que Paul Madys est désormais persona non grata chez l’ancien régime ?
C'est ce que je dis ! Le fait d'être rentré en Côte d'Ivoire n'a pas plu à beaucoup de personnes. Pourtant, quand je partais en exil, je n'ai pas signé de lettre ou de contrat avec quelqu'un pour dire que je vais en exil. Nous sommes tous partis en exil pour sauver nos vies, pour préserver nos vies. Mais tout en abandonnant nos enfants ici, nos frères, nos amis, nos parents ici, dans le feu. Nous, on a pu sortir mais beaucoup n'ont pas eu cette chance. Certains ont survécu. Mais beaucoup n'ont pas survécu, comme je l'ai dit avec mes parents.
Lorsque je rentre au pays, vous ne savez pas ce que j'ai vécu ou ce que je vis. Vous ne savez pas si mon cœur saigne ou bien ce que je traverse. Mais on me taxe. Vous voulez que je force la main à quelqu'un ? Je ne vais pas forcer la main à quelqu'un ! Je suis dans mon coin !
« Le fait d'être rentré en Côte d'Ivoire n'a pas plu à beaucoup de personnes »
Justement, parlons de l'exil. Paul Madys était où et a fait combien de temps là-bas ?
Je ne vais pas me bluffer donc je préfère les taire parce qu’on ne sait jamais. Ça peut être nos cachettes (rire). Sinon, j’ai beaucoup bougé. J'ai parcouru beaucoup de pays. C'est ce qu'il faut retenir.
« Je suis rentré et des personnes que je connaissais m'ont apporté des soutiens, comme la ministre Marietou Koné »
Était-ce en Afrique ?
J'ai parcouru beaucoup de pays. Sincèrement, j'ai parcouru beaucoup de pays pendant cet exil et je suis revenu vers 2015. Parce que j'étais ici je crois...le 16 mai 2011. Et puis après je suis parti. Mais lorsque j'ai perdu beaucoup de membres de ma famille, je suis revenu. Donc depuis je suis là, mais je bouge un peu et je reviens.
« L’actuel Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Tené Birahima Ouattara a été très enchanté de me voir et m'a apporté une aide »
Il y a des choses qui se disent sur votre retour d’exil. Votre retour d'exil a-t-il été monnayé avec le régime en place pour un soutien financier ?
Personne ne m'a forcé la main. Je le répète ! Personne ne m'a forcé la main. Je n'ai discuté avec qui que ce soit. Je connaissais qui au sein de ce régime-là si ce n'était que notre ministre de la Culture, Maurice Bandaman, l'actuel ambassadeur de la Côte d'Ivoire en France ? Lui effectivement, je l’ai appelé pour lui dire que je rentre. Il a dit que c'est « une bonne chose. Il faut rentrer parce que ton pays, c'est ton pays ».

Je suis rentré et des personnes que je connaissais m'ont apporté des soutiens, comme la ministre Marietou Koné. Sincèrement, je ne peux pas mentir. Cette ministre a été tellement bien, elle m'a soutenu. Elle m'a permis de passer un bon moment. Et puis, en son temps, j'ai été une fois avec un ami à Kong. On voulait visiter la mosquée de Samory Touré à Kong et puis, dans mes promenades, j'ai rencontré l’actuel Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Tené Birahima Ouattara, il a été très enchanté de me voir et m'a apporté une aide. Et puis, après, quand je perds mon père, là encore, il m'aide, comme tout le monde, à enterrer mon père. De la même façon qu'Aboudramane Sangaré m'a aidé à enterrer mon père, de la même façon que le Premier ministre, Pascal Affi N’Guessan m’a aussi aidé à enterrer mon père. Ces personnes, je leur en suis reconnaissant.
« Ceux pour qui on était prêts hier, nous ont tous tourné le dos »
On vous a aidé hier. Est-ce qu’on vous aide encore aujourd’hui ? De quoi vit l’artiste ?
Frère, il y a Dieu ! Parce que si en 2011, j'ai pu sortir de la Côte d'Ivoire, c'est Dieu. Parce que moi, je sais dans quoi j'étais. Si en exil, je ne suis pas rentré dans un hôpital et puis je suis revenu en Côte d'Ivoire, c'est Dieu. Et jusqu'au jour d'aujourd'hui, si je suis là et j'arrive à avoir du pain pour manger, partager avec ma famille, c'est Dieu ! Il y a des choses qui arrivent, tu ne t’y attends même pas et puis ça arrive. Le matériel qui est là, derrière moi, ce n'est pas un petit matériel. Mais c'est Dieu qui a permis que je l’ai. Où est-ce que je peux avoir des millions pour l’acheter ? Là où nous sommes, si j'arrive à gérer ici par mois et m'occuper de ma petite famille, c'est Dieu. Sinon, tout le monde, ceux pour qui on était prêts hier, nous ont tous tourné le dos.
« Si en 2011, j'ai pu sortir de la Côte d'Ivoire, c'est Dieu »
Vous avez cité l'actuel Vice-Premier ministre, Mariatou Koné, Maurice Bandaman... Quelles sont vos relations avec le pouvoir RHDP ?
Dans ce régime, sincèrement, il y a le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly dit ‘’AMS’’, qui est quelqu'un de très sympa. Les quelques fois qu'on se croise, je pense qu'il a fait parler son cœur. Et il y a un monsieur comme Lass PR, par exemple, les deux fois que je l'ai vu, il m'a montré que j'étais un Ivoirien. Sinon, à part ça, sincèrement, je ne suis même pas ancré dans ce pouvoir. Je n'ai pas de racines dedans.
« Dans ce régime, sincèrement, il y a le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly dit ‘’AMS’’, qui est quelqu'un de très sympa »
Vous êtes revenu dans votre pays. Tout semble être calme, même si rien ne peut être parfait. Quel est votre avis sur la gouvernance du président Alassane Ouattara ?
Bon, je...(Il cherche ses mots). Sincèrement, je n'ai pas envie. Je n'ai vraiment pas envie de rentrer dans ça ! Ce que je sais, ma famille et moi, c'est un exemple, nous nous battons pour survivre. Je pense que beaucoup d'Ivoiriens aussi se battent pour survivre. Parce que, comme je l'ai dit, quand tu n'as pas de racines quelque part, tu es comme un arbre sans racines. Un arbre sans racines, il meurt. Mais s'il est là et qu'il ne meurt pas, c'est qu'il y a Dieu derrière. Sinon, je pense que tout comme ma famille et moi, beaucoup de familles luttent pour survivre. Parce que nous, on ne vit pas. On lutte pour survivre. C'est ce que je retiens.
Vous qui dites que vous survivez avec votre famille, quel est votre avis sur la cherté de la vie ?
Le pouvoir, c'est vrai qu'on l'acquiert. Mais quand tu as le pouvoir, fais en sorte que tout le monde puisse en bénéficier. Aujourd'hui, ce qui se passe sur nos marchés avec les coûts exorbitants des loyers, de l'électricité, tout ça est un poids. Et c'est parce que beaucoup d'Ivoiriens ont le mental fort que nous sommes encore là. Sinon beaucoup craquent. C’est ce à quoi on assiste un peu sur les ponts ici. Des gens qui mettent fin à leur vie. Je pense que les dirigeants doivent penser au peuple avant de penser à eux-mêmes. Parce que, eux, ils ne payent rien. L'électricité, ils ne payent pas. L'eau, ils ne payent pas. La nourriture, ils ne payent pas. Ils ne payent rien. Mais ce peuple qui l’a mis là, il faut qu’ils leur rendent cela en retour. Parce qu’un homme qui a faim peut constituer une bombe. Un matin, ça peut exploser.

Le minimum que le peuple puisse avoir, c'est de pouvoir manger, se soigner, scolariser ses enfants, dormir. Mais on ne dort pas. On ne mange pas. On ne se soigne pas. On ne scolarise pas nos enfants. On n'arrive même pas à vivre. Et c'est pour ça que j'ai dit que ma petite famille et moi, on ne vit pas, mais on survit. Et je pense que la majeure partie de la population est dans ma situation ici. On ne vit pas, mais on survit. Que l'État fasse de sorte qu'on puisse vivre. Et qu'on ne lutte pas pour survivre.
« C'est parce que beaucoup d'Ivoiriens ont le mental fort que nous sommes encore là »
L’ancien président ivoirien a déclaré fin 2025 qu’il souhaitait se retirer du champ politique. Quel est votre avis sur cette sortie ?
Vous voulez parler du président Laurent Gbagbo ?
« Le président Laurent Gbagbo, devant Dieu et devant les hommes, a été comme un père pour moi »
Oui...
Le président Laurent Gbagbo, devant Dieu et devant les hommes, a été comme un père pour moi. Ce n'est pas lui qui m'a mis au monde mais il m'a pris comme son enfant en son temps. Jusqu'à ce jour le président Gbagbo et moi, on ne s'est pas encore vus. Donc, je ne peux rien dire. Mais, ce qu’on doit retenir, c’est que c'est un homme politique. C'est un grand homme politique. Il a fait beaucoup pour la Cote d'Ivoire. Il a fait beaucoup pour les Ivoiriens. Il a ouvert même les yeux à beaucoup d'Africains. Donc, si en son temps, il avait décidé de se retirer, je pense que c'était pour sa santé, pour se reposer. Parce que c'est un homme qui a traversé beaucoup d'événements. Il avait peut-être besoin de repos. Il peut l'avoir dit pour se reposer un peu. Sinon, je ne crois pas que politiquement, il puisse se retirer. Parce qu'il est né pour ça. Il est dedans.
« Jusqu'à ce jour le président Gbagbo et moi, on ne s'est pas encore vu »
Est-ce que vous avez cherché à le voir depuis votre retour au pays ?
A une période, j'étais allé chez le ministre Issa Malick. Lui et moi, avons échangé sur la question parce que beaucoup sont vraiment braqués. Il m'a dit : « demande une audience à ton papa et puis envoie-moi la décharge ». Chose que j’ai faite. J’ai écrit le courrier et puis, je lui ai envoyé la décharge. Et voici ce qu’il m’a dit après : « Ton problème, je ne sais pas ce qu'il se passe, mais c'est un peu compliqué ». Après cela, je n'ai plus jamais rien dit.
Celui que vous considérez comme votre père, Laurent Gbagbo, hier, était avec l'un de ses fils, également, Charles Blé Goudé. Tout allait bien. Mais depuis leur retour au pays, c’est difficile de les voir ensemble et sur la même longueur d’onde. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Cela m'a inspiré une chanson que j'ai intitulée ‘’Famille’’. Tout ce qui engage la famille se règle en famille. Le linge sale se lave en famille. Ce n'est pas tout le linge qu'on sèche dehors. Et puis, chez nous, on dit que le chien n'a jamais mordu son petit jusqu’aux os. Donc ce sont des choses qui vont se régler bientôt. Je crois en l’avenir.
Vous êtes aujourd’hui entre deux eaux (l’ancien pouvoir et l’actuel) qui ne semblent pas arranger vos affaires. Est-ce que ça dirait à Paul Madys d'adhérer au RHDP si l'occasion se présente ?
Je n'ai jamais été politicien et je ne pense pas devenir un politicien ! J'aime bien ce métier que je fais. Le métier de la musique, de la culture, de l’art. Je l'aime tellement que je ne me vois pas en train de me mettre dans quelque chose où on t'applaudit le matin et puis le soir, on te tape dessus. Franchement, ceux qui font la politique, sont forts. Parce que tu vas dans quelque chose où tu sais qu'on va te braiser. Le matin, on va te sourire. Mais derrière, le sourire va devenir une épée. Sincèrement, je ne rêve même pas de ça !
« Je n'ai jamais été politicien et je ne pense pas devenir un politicien »
Qu'est-ce que cela fait aujourd'hui à Paul Madys, un artiste qui, hier, était adulé par de nombreux Ivoiriens et qui désormais passe inaperçu dans le milieu musical Ivoirien ?
Cela doit juste inspirer les nouveaux artistes. Je ne parle pas des générations. Parce que le métier qu'on fait, c'est un métier intemporel. Ce que nous traversons aujourd'hui, parce que nous sommes beaucoup dans cette situation-là, doit servir d'exemple à ceux qui se prennent pour Michael Jackson aujourd'hui. Pour dire qu’aujourd’hui, tu es mais demain, ça peut être compliqué. Et seul le travail bien fait paye. Et je pense que c'est parce qu'on a bien fait notre travail que des gens ont encore notre image et notre nom dans la bouche. Il faut juste que ces gens travaillent. Moi, je me dis que c'était ma croix à porter. Cette période-là, tout ce qui a traversé depuis 2011 jusqu'à aujourd'hui devait faire partie de mon histoire. Donc ça, c'est mon histoire. C'est ma croix, et je la porte bien. Maintenant, quand tu finis de vivre tout ça, ça t'enseigne quoi ? Ça t'enseigne que dans la vie, rien n'est acquis d'avance. Il faut tout juste se remettre en cause. Et il faut se servir de ces erreurs pour rebondir.

Il n'y a pas de fatalité dans la société des Hommes. Tout ce qui arrive est dans le programme de Dieu. C'est quelque chose que tu dois vivre pour que demain tu puisses en parler. Quand je vais parler de 2011, mais ça va édifier beaucoup de personnes et aller vers Dieu. Parce que je l'ai dit tantôt, si ce n'est pas Dieu, on ne parle pas. Donc, ma situation actuelle pour moi n'est pas une fatalité. C'est une leçon de vie.
« Ma situation actuelle pour moi n'est pas une fatalité. C'est une leçon de vie »
Est-ce que depuis son retour d’exil, Paul Madys a sorti des projets ?
J'ai sorti ou du moins j'ai failli sortir un projet mais après je me suis rendu compte que le mixage était très mal fait. Entre temps, on avait déjà déclaré le titre au BURIDA. Mais après plusieurs écoutes, on s'est rendu compte que le mixage et le mastering n'étaient pas au niveau, donc on a dû le stopper. C'est pour ça que depuis, je suis dans mon propre studio ici, en train de préparer le vrai album qui va sortir.
Quand est-ce que vous comptez sortir votre nouvel album ?
Cela fait deux ans que je le prépare. Parce qu'on veut prendre notre temps pour bien faire les choses. Car on veut toucher toutes les couches. Dieu nous a permis de beaucoup voyager donc on a écouté beaucoup de sonorités. Et c’est tout ça que nous sommes en train de transcrire dans cet album. On n'oublie pas que Paul Madys est un artiste atypique qui a un style à lui mais qu’il est en train d'enrichir avec d'autres sonorités… ce qui est sûr, je ne peux pas dire s’il sort demain ou après-demain. Ce qui est sûr, cette année, l'album va sortir.
Comment Paul Madys définit -il son style musical ?
Vous savez, je viens de l'ouest de la Côte d'Ivoire où on a beaucoup de sonorités. Dans le temps, on a essayé de faire du Reggae. Mais après on s'est dit qu'on ne pourra jamais mieux faire du Reggae que les Jamaïcains. On a donc pris et le Reggae et les sonorités Pop pour faire le ‘’Dizoguei’’ qui est une façon de chanter de chez nous. Aussi, on a pris un peu de style Naïja, Sud-Africain parce que ce sont des lieux qu’on a fréquentés. Sinon le style de musique que je fais c'est le ‘’Digba reggae’’ qui est l'Afro-Pop avec toutes les sonorités que l'on a chez nous.
« J'étais dans un trou sans fond »
L’album sera-t-il engagé ?
Déjà moi, le terme ‘’engagé’’, ‘’artiste engagé’’, tout ça, ce sont des choses que je n'aime pas. Parce que c'est quoi l'engagement ? Il y a une situation, tu donnes ton opinion. Si c’est cela qui fait de toi un artiste engagé, c’est à eux de juger. Parce que, de toutes les façons, notre personnalité sociale est la création de la pensée des autres.
Est-ce que ça va être un album d'opinion ?
Ça ne va pas être trop un album d'opinion. Parce que bon, les gens parlent déjà trop. Les gens disent déjà trop. Que ce soient les politiques, que ce soit même le citoyen lambda, les gens parlent déjà trop. Donc, je viens faire mon art que Dieu a mis en moi, que j’aurais dû faire depuis longtemps. Et puis, le fait de dire ‘’Arrêtez, ne détruisez pas mon pays’’, on m'a tiré en arrière. J'étais dans un trou sans fond. Mais malheureusement pour eux, je ressors de ce trou-là et je viens leur montrer que Paul Madys est un chanteur. Et c'est ce que je suis venu montrer aux gens.
Qui travaille aujourd’hui avec Paul Madys pour définitivement signer son grand retour ?
Il faut dire que j'ai dû faire ma mue. Je me suis débarrassé de tout ce qui ne m'a pas permis d'avancer. Nous sommes donc en train de tout remettre en place. De la même façon qu'on fait un nouvel album, c'est comme ça autour de moi, nous sommes en train de tout remettre en place. Nous sommes en train de recruter de nouvelles personnes qui ont la même vision que moi, qui sont des fonceurs, qui vont repositionner ma carrière. Que ce soit côté production, côté staff managérial, nous sommes en train de tout remettre en place. Et je pense que si tout est vraiment en place on va reprendre notre place dans le milieu du showbiz, qu’on n’a jamais vraiment perdu d’ailleurs. Parce qu’on est toujours là.
Réalisée par Arsène LOHOURE