
Au cours de cet entretien, l'artiste-chanteur connu pour son tube "Arrêtez", a dévoilé les conditions difficiles de son exil lorsque l'ancien régime du président Laurent Gbagbo a perdu le pouvoir en 2011.
A le suivre, étant en exil dans un pays qu'il n'a pas souhaité nommer, Paul Madys a vu le monde lui "tomber" là-dessus.
"Moi, je suis rentré en Côte d'Ivoire en son temps parce que j'ai été frappé par plusieurs deuils. Donc je me suis dit : écoute, soit tu pars chez toi parce que tu n'as qu'un seul pays et tu restes aux côtés de tes parents qui sont dans des conditions vraiment difficiles parce qu'il y a eu plusieurs morts ; ou bien soit tu restes ici (en exil) et puis tu péris là", a-t-il expliqué. C'est donc à la suite de cette réflexion profonde que Paul Madys qui était en exil depuis 2011, décide de rentrer dans son pays, la Côte d'Ivoire en 2015.
Sauf que, à l'écouter, ce retour ne sera pas du goût de tous. Et pour cause, selon lui, autrefois proche du régime Gbagbo, il a été perçu comme un "traite" aux yeux de "ses anciens amis". Et pourtant, a-t-il insisté, ce retour n'a été conditionné par aucune personnalité du régime d'Abidjan. "Je n'ai pas discuté avec quelqu'un. J'ai pris seulement le courage de rentrer en Côte d'Ivoire et je suis rentré en Côte d'Ivoire. Ça n'a pas plu à beaucoup. D'aucuns m'ont dit que j'ai trahi leur lutte. Ça, ce sont des phrases que j'ai entendues", a-t-il dénoncé.
Pourtant, selon lui, c'est à la suite de plusieurs malheurs dans sa famille qu'il a décidé de rentrer dans son pays. "Vous voyez les enfants qui passent là ? Ce sont mes enfants (Il nous présente ses enfants, l'interview étant réalisée chez lui). Vous ne savez pas ce qu'ils ont traversé derrière moi. J'ai perdu mes grandes soeurs. J'ai perdu ma petite soeur. J'ai perdu mon grand frère. J'ai perdu presque tout le monde. La vie vaut quoi auprès de toutes ces vies ? Donc je suis rentré. Ça n'a pas plu aux gens. Aujourd'hui, moi je suis là. J'observe. Je regarde. Celui qui pense que j'ai été utile avec lui quand il était là, il m'appelle. Mais si personne ne m'appelle, je ne peux pas forcer la main à quelqu'un. Parce que ce que j'ai fait, je l'ai fait pour tout le monde", a-t-il indiqué.
En clair, selon l'artiste, autrefois, lorsque le pays était en difficulté, il avait été approché par certains cadres du régime d'alors au pouvoir. Et ce, pour sortir des titres musicaux à l'effet de sensibiliser les populations. C'est donc dans ce cadre que le hit "Arrêtez" est sorti et a été perçu comme un "hymne" par les proches de l'ancien régime. Sauf que, aujourd'hui, depuis son retour d'exil, ceux-ci, déplore-il, le qualifient de "persona non grata". "Si aujourd'hui, on me dit que je suis persona non grata, c'est à eux de juger, c'est à Dieu de nous juger. Je ne suis personne pour les juger. Donc je suis dans mon coin avec ma petite famille et puis je fais mon travail", a-t-il déclaré.
Et Paul Madys de confier qu'il se focalise désormais sur son prochain album. "Si demain, je sors mon album que les Ivoiriens l'écoutent et qu'ils voient cet artiste que je suis, je crois que chacun dira qu'on s'est trompé. Et puis je le dis encore, ils se sont beaucoup trompés sur mon compte", a-t-il argué soulignant qu'il est désormais résolu à remettre sa carrière musicale là où elle s'était arrêtée avant cet épisode difficile de sa vie.