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PDCI-RDA : tutelle, intérim, éviction… les scénarios du 30 juillet

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© Droits réservés Aucune réaction de la direction du parti à la contribution d'Arthur Banga n'était disponible dans l'immédiat.
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Le Tribunal de première instance d'Abidjan doit se prononcer jeudi sur les recours dirigés contre le congrès extraordinaire qui a confirmé Tidjane Thiam à la tête du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA), une échéance qui pourrait déboucher sur un intérim à la direction du parti, voire sur sa mise sous tutelle, avertit l'historien-chercheur Arthur Banga dans une contribution rendue publique.

Pour l'universitaire, la crise que traverse la plus ancienne formation politique ivoirienne découle du non-respect, par sa propre direction, des règles qu'elle s'est elle-même fixées. « À force de jouer avec le feu, on finit par se brûler », écrit-il, faisant remonter la séquence à décembre 2023. Le cœur du contentieux tient aux conditions statutaires de candidature à la présidence du PDCI-RDA. Le postulant doit notamment avoir siégé dix ans au Bureau politique et justifier d'un militantisme actif. Deux critères que Tidjane Thiam ne remplissait pas, soutient Arthur Banga. L'historien s'appuie sur une chronologie précise. Entré au Bureau politique lors du 10e congrès de 1996, où il avait été élu par le congrès conformément à l'article 55 des statuts, l'actuel président du parti en serait sorti au 11e congrès de 2001, comme l'attesterait la liste des membres élus à l'issue de ces assises. Le même article 55  autorisant le président du parti à procéder à des nominations entre deux congrès, Henri Konan Bédié avait nommé Tidjane Thiam au Bureau politique en mai 2023, une démarche qui n'aurait eu aucun sens, relève le chercheur, si l'intéressé y siégeait déjà. Cumulés, les deux mandats ne porteraient donc le compteur à dix ans qu'en 2028, voire en 2033.

Le second critère, celui du militantisme actif, serait plus contestable encore : entre 2000 et 2022, Tidjane Thiam n'aurait été associé à aucune activité du parti, affirme l'auteur. Le comité électoral aurait dû, dans cette lecture, écarter sa candidature. Le PDCI-RDA a préféré, selon lui, la voie des arrangements internes, et en a payé le prix par son absence à la dernière élection présidentielle. La contribution vise également les conditions d'organisation du congrès extraordinaire de fin mai 2025, appelé à valider ces arrangements : absence de Bureau central, multiplication des sites de vote. Autant de manquements que Maurice Kakou Guikahué avait relevés avant d'être écarté, puis privé du parrainage du parti lors des dernières élections législatives.

Trois scénarios sont désormais sur la table, selon Arthur Banga. Le tribunal peut ordonner un intérim à la tête du parti et constater que Tidjane Thiam ne totalise pas les dix années de Bureau politique exigées, ce qui l'écarterait du prochain congrès. Il peut aussi placer le PDCI-RDA sous tutelle au motif que ses instances seraient devenues caduques. « Aucun procès n'est perdu d'avance », nuance toutefois l'historien, qui rappelle que le parti peut parfaitement l'emporter. L'audience de jeudi fait suite aux requêtes de deux membres du Bureau politique, Tchétché Abié Charles et Siaba Antoine Constant, qui réclament l'annulation du congrès extraordinaire de mai 2025. L'affaire, plusieurs fois renvoyée, est examinée par une chambre de trois magistrats présidée par la présidente du tribunal.

La direction du PDCI-RDA a engagé ces derniers jours une campagne de mobilisation de ses militants. Réunis le 17 juillet au siège du parti à Cocody, ses responsables ont appelé à un soutien « dans le calme et la discipline » à leur président, disant redouter une destitution assortie d'un remplacement des organes dirigeants. Une réunion du Bureau politique prévue le 25 juillet a par ailleurs été reportée après une assignation délivrée deux jours plus tôt.

Le délibéré tombe à la veille des vacances judiciaires, une échéance qui pourrait, en cas de décision défavorable, retarder l'examen d'éventuels recours. Aucune réaction de la direction du parti à la contribution d'Arthur Banga n'était disponible dans l'immédiat.

Yacouba DOUMBIA