Politique

Convocation de Katinan : "Une démocratie ne se mesure pas à la qualité des compliments adressés au pouvoir" (L'Éléphant Déchaîné)

convocation-de-katinan-une-democratie-ne-se-mesure-pas-a-la-qualite-des-compliments-adresses-au-pouvoir-lelephant-dechaine
© Droits réservés
PARTAGEZ
Dans son numéro de ce mardi 8 septembre 2026, le journal d'investigation L'Éléphant Déchaîné fondé par le maire de la commune de Tiassalé, Assalé Tiemoko Antoine, a réagi à la convocation du cadre du PPA-CI, Justin Koné Katinan, par le Procureur de la République.

À parcourir ce journal, la "judiciarisation" du débat politique en Côte d'Ivoire sous le régime du RHDP devient "préoccupante". "Nos amis du RHDP devraient pourtant être les premiers à savoir qu'en démocratie, les opposants attribuent systématiquement aux gouvernants tous les malheurs de leur époque. C'est la règle du jeu. Quand le chômage augmente, c'est la faute du pouvoir. Quand il pleut trop, c'est encore sa faute. Quand il ne pleut pas assez, c'est toujours sa faute", a déclaré le média ivoirien.

Cette sortie vient quelques heures après la convocation du Procureur de la République transmis au cadre du PPA-CI, Justin Koné Katinan. Il est attendu à la Préfecture de la police d'Abidjan, ce mercredi 9 septembre 2026, à 10h. 

Selon lui, le fait de "transformer" chaque critique sévère, chaque formule excessive ou chaque accusation politique en "dossier judiciaire constitue une dérive inquiétante". Et pour cause, à l'écouter, si c'est dans un cas où un maire, un député ou un ministre s'est estimé diffamé et qu'il décide de saisir la justice à titre personnel, cela peut être compréhensible.

"Mais qu'un parti au pouvoir, disposant déjà de la force de l'État et d'importantes tribunes médiatiques, se présente devant les tribunaux comme victime de critiques politiques, voilà une innovation dont la démocratie ivoirienne se serait bien passée", a-t-il fait remarquer. Qui estime que dans une démocratie, les partis politiques répondent aux critiques par des arguments, des communiqués, des conférences de presse ou des meetings. Pas par des convocations policières.

En clair, selon le texte issu de ce journal, le précédent parti au pouvoir, entre 2000 et 2010, sous le régime de Laurent Gbagbo, a été la cible d'attaques d'une "rare violence politique".

"Ces propos étaient souvent outranciers, parfois choquants, quelquefois extravagants. Pourtant, ils n'entraînaient ni poursuites systématiques ni auditions à répétition dans les bureaux de la préfecture de police. La confrontation politique se déroulait sur les tribunes, dans les meetings, dans les journaux et devant les électeurs. D'où cette question simple : pourquoi ce qui était hier considéré comme l'expression normale de l'opposition serait-il devenu aujourd'hui une menace pour l'ordre public ?", s'est-il questionné.

Pour ce journal fondé par Assalé Tiemoko, président de Aujourd'hui, Demain, Ma Côte d'Ivoire (ADCI), le RHDP qui se présentait hier comme "champion de la lutte contre la pensée unique ne peut raisonnablement donner l'impression qu'il souhaite désormais en obtenir le monopole".

"Une démocratie ne se mesure pas à la qualité des compliments adressés au pouvoir. Elle se mesure à sa capacité à supporter les critiques, même excessives, même injustes, même désagréables. Au fond, le véritable test démocratique n'est pas de protéger le pouvoir contre les paroles de l'opposition. Il consiste à protéger l'opposition contre la tentation du pouvoir d'utiliser la puissance publique pour faire taire les voix qui le dérangent", a-t-il dénoncé.