
Tout part de la convocation de Justin Katinan Koné à la préfecture de police, mercredi 9 septembre. Selon le PPA-CI, il a été convoqué suite à une plainte pour "diffamation" déposée le 7 septembre par le RHDP, à l'initiative de son Secrétaire exécutif, Ibrahim Cissé Bacongo. Cette plainte visait également Laurent Gbagbo lui-même.
À l'origine de cette procédure, une conférence de presse tenue le 3 septembre, au cours de laquelle Justin Katinan Koné avait directement mis en cause le pouvoir dans l'expansion de l'orpaillage clandestin. Sur place, les avocats du parti auraient fait valoir une loi de 2005 qui prévoit que l'audition d'un ancien ministre nécessite l'autorisation préalable de la Cour de cassation.
C'est là que l'affaire bascule, d'après le récit du PPA-CI. Car sur instruction du procureur, les enquêteurs auraient alors ajouté un second chef d'accusation pour "trouble à l'ordre public", en lien avec la présidentielle d'octobre 2025. C'est sur ce nouveau motif que Justin Katinan Koné aurait été maintenu en garde à vue, avec une reprise de son audition prévue à 14h.
Pour le PPA-CI, c'est une première dans l'histoire démocratique ivoirienne qu'un parti au pouvoir poursuit en justice un parti d'opposition pour avoir exercé son droit constitutionnel. Le parti de Laurent Gbagbo y voit une volonté de "criminaliser toute parole politique de l'opposition" et dénonce une tentative à peine voilée du RHDP "d'instrumentaliser la justice" au lieu d'accepter le débat contradictoire.