Santé

Ebola en RDC : Une crise régionale sous haute surveillance,l’OMS envoie du matériel d’urgence

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Alors que l’Afrique centrale est confrontée à une flambée d’Ebola d’une ampleur inédite, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme.

Pour la première fois, son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale en Ouganda et en République démocratique du Congo (RDC), sans convoquer de comité d’urgence. Une décision qui illustre la gravité de la situation, même si le risque de propagation mondiale reste jugé faible.

Depuis le 15 mai, date de la déclaration officielle, l’OMS recense 139 morts et près de 600 cas suspects. Cinquante et un cas ont été confirmés dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, y compris dans les villes de Bunia et Goma. Or, ces zones sont non seulement difficiles d’accès, mais également marquées par les violences de groupes armés, ce qui favorise les déplacements massifs de populations et, par conséquent, la diffusion du virus.

Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’épidémie représente un « risque élevé » au niveau national et régional. Toutefois, il insiste : la situation ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique. Autrement dit, si la crise est exceptionnelle en Afrique centrale, elle ne menace pas encore la planète entière. À Bunia, épicentre de la flambée, Médecins sans frontières décrit une situation « exceptionnelle par son ampleur », où l’inquiétude grandit face à un nombre de patients déjà « démentiel ». Face à cette menace, la recherche s’active. Deux vaccins potentiels contre la souche Bundibugyo sont en développement, mais aucun n’a encore franchi l’étape des essais cliniques. L’OMS estime qu’il faudra jusqu’à neuf mois pour disposer d’une solution opérationnelle. Parallèlement, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) évoque trois autres pistes, dont un vaccin à ARN messager et le ChAdOx développé par Oxford.

En attendant, la riposte s’organise. L’OMS a envoyé des équipes, du matériel et des financements, mobilisant près de 3,9 millions de dollars. Le ministère congolais de la Santé prévoit la création de trois centres de traitement à Bunia, Rwampara et Mongbwalu, chacun doté de 80 lits. Des unités plus petites viendront compléter le dispositif. Cependant, les infrastructures de dépistage restent insuffisantes : le laboratoire de Bunia, par exemple, n’est pas équipé pour identifier précisément la souche Bundibugyo.