Santé

Ebola : l’alerte mondiale de l’OMS face à une menace persistante

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L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme ce dimanche 17 mai en déclarant une urgence de santé publique internationale

Cette décision, qui correspond au deuxième niveau d’alerte le plus élevé, intervient alors que l’épidémie d’Ebola frappe durement la République démocratique du Congo (RDC) et s’étend jusqu’en Ouganda.

Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le virus « constitue une urgence de santé publique de portée internationale, mais ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique ». Autrement dit, la situation est grave, mais elle n’a pas encore atteint le seuil d’une menace mondiale comparable à une pandémie. Or, depuis juin 2024, le Règlement sanitaire international prévoit un niveau d’alerte supplémentaire : celui d’« urgence due à une pandémie ». Ce nouveau cadre souligne à quel point la communauté internationale cherche à mieux anticiper les crises sanitaires.

La RDC est aujourd’hui confrontée au variant Bundibugyo d’Ebola, contre lequel aucun vaccin n’existe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au 16 mai, l’OMS recensait huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et 80 décès suspects dans la province d’Ituri. À Kinshasa, un cas confirmé a été signalé, tandis qu’un voyageur revenu d’Ituri est décédé en Ouganda.

De son côté, l’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, fait état de 88 décès probables sur 336 cas suspects. Toutefois, les bilans restent fragiles : le foyer de l’épidémie se situe dans une zone difficile d’accès, ce qui limite les tests en laboratoire et oblige les autorités à s’appuyer largement sur des suspicions cliniques.

La RDC n’en est pas à sa première confrontation avec Ebola. Entre août et décembre 2025, une flambée avait déjà causé au moins 34 morts. Plus tôt encore, entre 2018 et 2020, le pays avait connu l’épidémie la plus meurtrière de son histoire : près de 2 300 décès pour 3 500 malades. Ebola, responsable d’une fièvre hémorragique hautement contagieuse, demeure une menace majeure. Certes, des vaccins et traitements existent désormais, mais leur efficacité se limite à la souche Zaïre, à l’origine des plus grandes épidémies. Le variant Bundibugyo, lui, reste sans solution préventive.

En cinquante ans, le virus a déjà coûté la vie à plus de 15 000 personnes en Afrique. Et malgré les progrès scientifiques, il continue de rappeler brutalement la vulnérabilité des systèmes de santé face aux maladies émergentes.