Société

Pollution atmosphérique : Des organisations de jeunesse se dotent d'un capteur pour mesurer la qualité de l'air

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Les sections ivoiriennes de la fédération L’Air et Moi (FAEM) et du Réseau Climat Jeunesse ont réceptionné le 12 septembre 2026 à Abidjan, un capteur dont le rôle est d’établir avec exactitude les particules fines présents dans l’atmosphère en Côte d’Ivoire, un pays où 12 000 personnes meurent chaque année à cause de la mauvaise qualité de l’air.

Le coordonnateur de la section ivoirienne de la fédération L’Air et Moi (FAEM) et du Réseau Climat Jeunesse Abdoul-Aziz Kéita a réceptionné des mains de Dr Issa Bado, spécialiste Climat et Environnement à l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable, un capteur capable de fournir des données exactes sur les particules fines présentes dans l’air respiré à Abidjan. C’était , en présence du journaliste environnementaliste Elvis Gouza, Directeur exécutif du Réseau des Journalistes Ivoiriens contre la Crise Climatique et Environnementale (RJICCE).


Pour Keïta Abdul Aziz, expert en géosciences environnementales, coordonnateur national de L’Air et Moi Côte d’Ivoire et du Réseau Climat Jeunesse Entreprise Côte d’Ivoire, cette conférence constitue une étape importante dans la mobilisation de la jeunesse. « On ne peut que se réjouir qu’on ait pu organiser ce genre de conférence avec des personnalités de qualité », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de disposer d’outils scientifiques pour rendre visible une pollution qui, par nature, reste difficile à percevoir. Il n'a pas manqué d'adresser ses remerciements à Victor Hugo Espinoza, président de la Fédération Air et Moi et Dominique Rodin, Directeur de Atmosud. 

L’une des principales innovations présentées lors de cette rencontre est un micro-capteur de mesure de la qualité de l’air, mis à disposition grâce à la collaboration avec AirCarto et AtmoSud. Compact et destiné à être déployé sur le terrain, cet outil permet de mesurer différents paramètres liés à la pollution atmosphérique, notamment les particules fines. Il s’inscrit dans une démarche open source et open data, avec l’objectif de favoriser l’accès aux données et de développer la science participative.

Les particules fines, notamment les PM10 et PM2,5, sont particulièrement préoccupantes en raison de leur capacité à pénétrer profondément dans l'appareil respiratoire. Certaines particules encore plus fines peuvent franchir les barrières naturelles de l'organisme et avoir des conséquences importantes sur la santé.

Selon Abdoul Aziz Keïta, « pour pouvoir lutter efficacement, il faut pouvoir les identifier. Et pour pouvoir les identifier, il faut de la science ». Le responsable ivoirien souligne également que le dispositif présenté est le fruit de plusieurs décennies de recherche et d’expertise développées en Europe. « C’est le résultat de plus de 40 ans de recherche », a-t-il indiqué, estimant que la Côte d’Ivoire dispose désormais d’une opportunité pour développer ses propres capacités dans ce domaine.

Pour Dr Issa Bado, spécialiste Climat et Environnement à l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), la problématique de la qualité de l’air dépasse largement la seule question environnementale. Elle touche directement la santé, l’économie et le développement. « La qualité de l’air est un enjeu en Côte d’Ivoire. Cet enjeu a des impacts sur la santé, des impacts sur l’environnement, mais aussi sur l’économie », a-t-il souligné.

Le spécialiste a notamment insisté sur les liens entre pollution atmosphérique, mobilité, poussière, changement climatique et fragilité des écosystèmes. Il appelle ainsi à une approche intégrée et à une mobilisation collective. Pour lui, la jeunesse doit jouer un rôle central en s’organisant, en développant des projets adaptés aux besoins des communautés et en recherchant les ressources nécessaires pour leur mise en œuvre.