
La cérémonie s'est tenue à la forêt du Banco, en plein cœur d'Abidjan. Paraphé par les ministres Sidi Tiémoko Touré et Abou Bamba, ce texte scelle un partenariat entre l'Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) et la Direction des services vétérinaires et du bien-être animal (DSV-BA).
L'objectif est clair, détecter plus tôt les événements zoosanitaires et fluidifier la circulation de l'information entre les deux structures, pour gagner en réactivité face aux menaces sanitaires. « La surveillance sanitaire de la faune sauvage est aujourd'hui un enjeu majeur de santé publique, de santé animale et de protection de la biodiversité, a souligné Sidi Touré. Elle permet de détecter précocement les dangers sanitaires, de mieux comprendre leur circulation et de prévenir leur propagation. » Le ministre a appelé de ses vœux un partenariat « durable, dynamique et exemplaire », porteur de résultats concrets pour les populations, les animaux et les écosystèmes.
Son homologue de l'Environnement a de son côté décrit le mémorandum comme « un instrument vivant, un rempart contre les menaces sanitaires et un levier de protection durable de la faune sauvage ».
Abou Bamba a rappelé un chiffre de l'Organisation mondiale de la santé animale : près de trois maladies infectieuses émergentes sur quatre chez l'homme trouvent leur origine chez l'animal. Selon lui, cet accord doit précisément permettre de muscler la surveillance sanitaire de la faune sauvage et le partage d'informations entre services compétents, dans la droite ligne de l'approche « Une seule santé ».
Concrètement, la DSV-BA et l'OIPR, déjà engagés dans la plateforme ivoirienne « Une seule santé », vont travailler à détecter plus rapidement les événements zoosanitaires et à bâtir un système d'alerte capable de déclencher une réponse rapide en cas de menace.
La Côte d'Ivoire n'en est pas à son premier signal d'alarme sur ce terrain. C'est dans la forêt de Taï qu'avait été détecté, en 1994, le tout premier cas humain de maladie à virus Ebola. En 2022, un virus de la même famille avait été repéré chez des chauves-souris à Ferkessédougou. Quant à la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, elle a été confirmée chez des bovins et des tiques à Abobo en 2023, puis à Doropo en 2026. Autant d'épisodes qui rappellent, s'il le fallait, pourquoi la surveillance de la faune sauvage reste un maillon incontournable du dispositif national de veille sanitaire.
Il faut souligner que cette cérémonie de signature s'est déroulée en présence du directeur général de l'OIPR, le conservateur général Tondossama Adama, et du directeur des Services vétérinaires et du Bien-être animal du MIRAH, Dr Kallo Vessaly.