

Chaque matin, la même scène se répète devant les toilettes du Lycée Moderne Nanguiabrogoua II d'Adjamé. Des barriques entassées, livrées par des vendeurs privés à bord de tricycles. Depuis le deuxième trimestre de l'année académique 2025-2026, l'eau potable a déserté l'un des plus grands lycées de la capitale ivoirienne.
Les robinets, eux, sont à sec depuis des mois.
Pour environ 3 000 élèves, sans compter les enseignants et le personnel administratif et éducatif, il faut tout organiser autrement. Acheter de l'eau. En stocker. Tout ça pour un besoin aussi élémentaire que celui de se soulager ou de se laver les mains. « On achète des barriques d'eau pour les déposer dans les toilettes, explique un enseignant de l'établissement. Pour un grand lycée comme le nôtre, avec près de 3 000 élèves, le corps enseignant et le personnel administratif, c'est énorme. » Puis il lâche, Là : « Chaque jour, nous achetons de l'eau, ça nous fatigue. C'est difficile. »
Comment un établissement de cette renommée, en plein cœur d'Abidjan, peut-il en être réduit à un tel calvaire ?
Une source au sein du lycée fait état d'une visite de la SODECI, venue constater l'ampleur de la pénurie. Verdict des agents, selon elle : rien d'anormal. Pourtant, sur place, pas une goutte ne coule dans les tuyaux du réseau de distribution. Entre le constat des uns et la réalité vécue par les autres, le fossé est immense. Et pendant que l'on débat, ce sont des milliers d'élèves et leurs professeurs, le chef d'établissement et son personnel qui paient, chaque jour, le prix de cette pénurie, de leur poche et de leur énergie.
Tous espèrent désormais que des travaux seront rapidement engagés. On leur promet un retour à la normale « dans les plus brefs délais ». Reste à savoir combien de temps durera ce délai.
PK