Société

Insalubrité : Entretien des caniveaux, pourquoi chaque citoyen doit s’investir pour mettre fin à l’incivisme

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Chaque année, à l’approche ou pendant la saison des pluies, les mêmes scènes se répètent dans plusieurs quartiers de nos villes. Notamment, des rues inondées, des maisons envahies par les eaux et des caniveaux débordant de déchets.

Face à cette situation, les opérations de curage sont indispensables. C’est dans cette optique que le ministère de l’Hydraulique, de l’assainissement et de la Salubrité (MINHAS) a lancé depuis quelques mois, une vaste opération de curage de caniveaux sur l'ensemble du territoire national.

 Cette opération est soutenue par une campagne de sensibilisation sur plusieurs médias. Mais soyons honnêtes .Tant que nous continuerons à jeter nos ordures dans les rues et les ouvrages de drainage, nous aurons beau curer le caniveaux, le problème reviendra. Parlons franchement. Qui n’a jamais vu un sachet plastique traîner dans la rue, une bouteille abandonnée au bord d’un caniveau ou des ordures ménagères déversées dans un espace public ? 

Nous sommes nombreux à avoir été témoins de ces scènes. Et parfois, il suffit de regarder autour de nous pour comprendre que l’insalubrité ne vient pas toujours d’un manque d’infrastructures ou de moyens. Elle est aussi, dans bien des cas, le résultat de nos propres habitudes. Bien sûr, l’État a sa part de responsabilité. Les collectivités territoriales et les structures chargées de l’assainissement doivent veiller à la disponibilité des infrastructures, à leur entretien régulier et à l’efficacité de la collecte des déchets.

 Les opérations de curage des caniveaux sont essentielles pour faciliter l’écoulement des eaux pluviales et limiter les risques d’inondation. Il serait donc injuste de minimiser les efforts déployés sur le terrain par les équipes mobilisées pour débarrasser les ouvrages de drainage des déchets et des boues qui les obstruent. Mais une question mérite d’être posée : à quoi sert de nettoyer un caniveau aujourd’hui si, dès le lendemain, certains riverains y déversent leurs ordures ? À quoi bon mobiliser des agents, des engins et des ressources financières pour dégager les voies d’écoulement des eaux si nos comportements contribuent à les boucher de nouveau ?

C’est là que se trouve une partie du problème. Nous voulons des quartiers propres, des routes praticables et des habitations à l’abri des inondations. Pourtant, dans le même temps, certains d’entre nous continuent de jeter leurs déchets dans les rues, les ravins et les caniveaux, parfois à quelques mètres seulement d’un bac à ordures. Comme si la propreté était uniquement l’affaire des autorités et que notre responsabilité s’arrêtait au seuil de notre maison. Or, les conséquences de ces gestes ne s’arrêtent pas à celui qui les pose. Lorsqu’un caniveau est obstrué par des déchets, c’est tout un quartier qui peut en subir les conséquences. Les eaux de pluie s’écoulent difficilement, les chaussées sont submergées, les commerces sont perturbés et les familles voient parfois leurs biens endommagés. À cela s’ajoutent les risques sanitaires liés à la stagnation des eaux et à la prolifération de certains vecteurs de maladies.

 En réalité, un déchet jeté dans un caniveau ne disparaît pas. Il se déplace, stagne et finit souvent par gêner l’écoulement des eaux. Le sachet plastique abandonné par un passant, les restes de nourriture jetés par un ménage ou les déchets issus d’une activité commerciale peuvent, mis bout à bout, contribuer à une obstruction importante. Ce qui semble être un geste anodin à l’échelle individuelle devient alors un véritable problème collectif. La propreté commence donc par un changement de comportement. Et ce changement n’exige pas toujours de grands moyens. Il commence par des gestes simples : conserver ses déchets jusqu’à trouver une poubelle, respecter les jours et les horaires de collecte, éviter de déverser des eaux usées et des ordures dans les ouvrages de drainage, mais aussi sensibiliser les enfants et interpeller, avec respect, ceux qui contribuent à salir notre cadre de vie. Il faut également sortir d’une idée trop souvent répandue : celle selon laquelle la rue serait un espace sans propriétaire, dont personne n’aurait à prendre soin. La rue est un espace commun. Le caniveau qui longe notre maison protège aussi celle du voisin. Le trottoir devant notre commerce fait partie du cadre de vie de toute la communauté. En prendre soin, c’est donc protéger notre propre environnement. Cela ne signifie pas que les citoyens doivent se substituer aux services publics. Bien au contraire. Les autorités doivent poursuivre les travaux d’assainissement, renforcer la sensibilisation, améliorer la gestion des déchets et veiller au respect des règles d’hygiène et de salubrité.

 Les sanctions prévues contre les comportements inciviques doivent également être appliquées lorsque cela est nécessaire. Mais l’action publique ne peut produire durablement ses effets sans l’adhésion des populations.