

Le ministre Mamadou Touré et le président de l'ARDCI, Aka Aouélé, y ont plaidé d'une même voix pour une coopération plus étroite entre l'État et les collectivités. Leur idée, que les potentialités locales cessent d'être de belles promesses pour devenir des opportunités concrètes.
Pour Mamadou Touré, la décentralisation ne vaut que si elle se voit sur le terrain. Il a d'ailleurs cité un exemple parlant, celui des agences régionales de l'Agence Emploi Jeunes, déployées grâce à un partenariat avec les collectivités. « Les régions mettent à disposition les locaux, tandis que le ministère assure leur équipement et la mobilisation du personnel », a-t-il expliqué. Ce travail à deux a déjà porté ses fruits : plus de 1,7 milliard de FCFA ont été injectés au profit de 1 683 promoteurs de micro et petites entreprises dans les régions. Le ministre voit plus loin, puisqu'il veut doter toutes les régions de centres de service civique d'ici 2030. Huit fonctionnent déjà, dix sont en chantier et 19 autres sont envisagés, dans le cadre d'un financement de 50 milliards de FCFA en discussion avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).
Les chiffres avancés, il faut le dire, donnent la mesure de l'effort. « Au total, 118 095 jeunes ont été pris en charge, pour un investissement de plus de 55 milliards de FCFA », a indiqué le ministre Mamadou Touré.
Soutenus notamment par la Banque mondiale et l'Agence française de développement (AFD), ces dispositifs couvrent 31 régions et deux districts, avec un taux de réalisation annoncé de 90,6 %. Le ministre a salué les collectivités les plus performantes, sans oublier de pousser les autres à ne pas relâcher la cadence. Selon lui, tout repose sur une répartition plus claire des responsabilités et sur une action publique qui se rapproche enfin de ceux qu'elle sert. Même son de cloche du côté d'Aka Aouélé, président de l'Assemblée des régions et districts de Côte d'Ivoire (ARDCI), pour qui les collectivités ont un rôle central dans la lutte contre le chômage des jeunes. « La question de l'emploi des jeunes appelle des réponses qui associent les politiques nationales aux réalités des territoires », a-t-il souligné. En effet, son raisonnement est simple , qui connaît mieux un territoire que ceux qui y vivent ? Cette connaissance du terrain est un atout précieux pour repérer les besoins, fixer les priorités et rallier les acteurs économiques. Il a aussi insisté sur trois points : la rigueur dans l'exécution des programmes, le suivi des activités et le bon usage des ressources.
La cérémonie a ensuite fait place aux récompenses. Le district autonome de Yamoussoukro a décroché le premier prix du CDD-Emploi des jeunes, devant l'Iffou et le Gontougo. Dans le cadre du programme PDESEC, la capitale politique a de nouveau pris la première place, suivie du Sud-Comoé et du Gontougo. Plusieurs collectivités ont reçu des attestations et des certificats de reconnaissance, tandis que l'ARDCI et Mamadou Touré se sont vu remettre des prix honorifiques.
Pour Aka Aouélé, ces distinctions ne doivent pas rester de simples trophées " Elles doivent encourager le partage d'expériences et tirer les résultats vers le haut.", a-t-il dit.