
La première période a pourtant mis en lumière des fragilités préoccupantes. Bloc trop étiré, transitions défensives mal maîtrisées et erreurs individuelles ont offert au Gabon des opportunités qu’il a su convertir. La Côte d’Ivoire a manqué de coordination dans son pressing, laissant trop d’espaces sur les côtés et entre les lignes, ce qui a facilité la projection rapide des Panthères.
Mais au retour des vestiaires, sans bouleverser son onze de départ, Emerse Faé a ajusté les équilibres. Le positionnement plus haut du bloc ivoirien et une meilleure occupation de la largeur ont progressivement asphyxié le Gabon. Le choix de maintenir la confiance aux titulaires s’est avéré payant, traduisant une gestion humaine assumée et une lecture fine du contexte.
La clé du renversement ivoirien réside dans l’intensité retrouvée. Plus agressifs dans les duels, plus précis dans les transmissions et plus constants dans la projection offensive, les Éléphants ont imposé un tempo que le Gabon n’a plus été en mesure de suivre. La baisse physique gabonaise, notamment sur les couloirs, a été exploitée avec intelligence par une équipe ivoirienne désormais mieux organisée.
Au-delà du score, ce match a confirmé la profondeur de l’effectif ivoirien. La rotation opérée depuis le début de la compétition, assumée par le sélectionneur, a permis à l’équipe de conserver une fraîcheur décisive dans le dernier tiers de la rencontre. La gestion de l’erreur du gardien Alban Lafont, traitée sans dramatisation, témoigne également d’un climat de confiance indispensable dans les phases à élimination directe.

Côté gabonais, la désillusion est profonde. Mouyouma Thierry a dressé un constat lucide, pointant la dépendance à un noyau réduit de joueurs et l’absence de solutions lorsque l’intensité monte. Le recul du bloc et l’incapacité à corriger les problèmes de largeur en seconde période ont précipité la chute d’une équipe pourtant séduisante avant la pause.
En terminant en tête de son groupe, la Côte d’Ivoire envoie un message clair à ses futurs adversaires : cette équipe sait souffrir, corriger et frapper au moment opportun. Face au Burkina Faso en huitièmes de finale, les Éléphants devront afficher davantage de maîtrise sur l’ensemble du match, mais cette victoire renversante pourrait bien servir de socle fondateur pour la suite de leur aventure continentale.
Olivier Yeo, envoyé spécial à Marrakech- Maroc