
Sur un total de cinq structures ayant répondu à son appel d’offres pour la mesure d’audience des télés et radios en Côte d’Ivoire, le cabinet Thinktank Media de l’ivoirien Aly Berté a été finalement retenu par la HACA. Un choix qui, à en croire le président de la HACA, Me René Bourgouin, est loin d’être complaisant mais « qui marque une étape importante dans la vie du secteur ». « La HACA a fait le choix d’agir avec responsabilité et efficacité. Notre priorité a été de rétablir, dans les meilleurs délais, un cadre crédible et opérationnel », a-t-il situé.
Comprendre la mesure d’audience
Selon le président de la HACA, la mesure d’audience occupe une place centrale dans l’organisation du secteur audiovisuel car permettant de comprendre les comportements des publics, d’évaluer la performance des contenus et aussi d’orienter les stratégies des acteurs tout en constituant le socle sur lequel reposent les investissements publicitaires, en garantissant une allocation plus juste et plus efficace des ressources. « Au-delà de sa dimension économique, elle est aussi un outil de régulation essentiel. Elle permet de renforcer la transparence et de structurer durablement le marché », relève le président René Bourgouin.

Pour le nouvel opérateur dirigé par Aly Berté, la mesure d’audience dont il a la responsabilité de la mise en œuvre ne se limite pas à la production de données. « Elle constitue un véritable instrument de référence pour l’ensemble des acteurs du marché. Elle est un facteur d’équité, un levier de régulation et, en définitive, un pilier essentiel de crédibilité pour notre écosystème audiovisuel », a-t-il relevé soulignant qu’il a pleinement conscience de la portée de cette mission à lui confiée. A l’en croire, les valeurs à s’approprier pour mener à bien cette mission sont entre autres rigueur, constance et intégrité. « Elle exige rigueur, constance et intégrité. Elle impose également une exigence permanente de qualité et un sens élevé de responsabilité », a-t-il fait savoir arguant qu’il mènera cette mission avec engagement, rigueur, équité. « C’est dans cet esprit que nous inscrivons notre engagement, fondé sur le respect des normes internationales les plus exigeantes, la mobilisation d’équipes compétentes et engagées et la volonté de produire des données fiables, incontestables et utiles à tous », a-t-il déclaré non sans saluer « le rôle déterminant de la HACA, dont la vision, la vigilance et le sens des responsabilités garantissent aujourd’hui un cadre équilibré et protecteur pour le secteur audiovisuel ivoirien ».
A l’ensemble des professionnels des médias, Aly Berté leur a indiqué que cette mesure d’audience est la leur. « Elle doit être comprise, partagée et utilisée comme un outil de progrès collectif », a-t-il recommandé relevant que « les grandes transformations ne se décrètent pas mais elles se construisent dans la durée, dans la rigueur et dans la confiance ».
Rétablir, dans les meilleurs délais, un cadre crédible et opérationnel
Pour Me René Bourgouin, cette officialisation de la mission du nouvel opérateur marque une étape importante dans la vie du secteur de l’audiovisuel ivoirien. Cet événement intervenant, dira-t-il, dans un contexte particulier. Notamment, après l’interruption du dispositif de mesure d’audience, consécutive à la rupture du cadre contractuel avec l’opérateur précédent, laquelle a créé, selon lui, une situation d’incertitude sur le marché. « Cette période a été marquée par des interrogations légitimes, mais surtout par un besoin clair, celui de disposer à nouveau de repères fiables. Car lorsque cet outil structurant disparaît, c’est l’ensemble de l’écosystème médias, annonceurs, agences… qui se trouve fragilisé ».
C’est pourquoi, affirme-t-il, que face à cette réalité, « la HACA a fait le choix d’agir avec responsabilité et efficacité », la priorité étant de rétablir, dans les meilleurs délais, un cadre crédible et opérationnel. Et Aly Berté d’indiquer que « l’acte que nous posons aujourd’hui dépasse largement le cadre d’un simple engagement contractuel. Il s’agit d’une ambition collective, d’une vision partagée, celle de bâtir un paysage audiovisuel ivoirien plus structuré, plus transparent et résolument tourné vers l’excellence ». Poursuivant, dira-t-il que cette signature « marque un point de départ », soulignant que « le véritable enjeu réside désormais dans notre capacité collective à faire vivre ce dispositif, à le consolider et à en garantir la crédibilité dans le temps » non sans prendre l’engagement d’agir « avec détermination, avec exigence et avec un profond sens du devoir, car derrière les chiffres, il y a des enjeux économiques majeurs et l’image de tout un secteur ».
Garantir un cadre fiable
Pour le président de la HACA, le processus de sélection du nouvel opérateur a été conduit avec une grande rigueur. « Nous avons donc conduit un processus rigoureux, dans le respect des règles, avec un objectif constant : restaurer la confiance. Aujourd’hui, avec la signature de cette convention, nous franchissons une étape décisive », a-t-il indiqué rappelant que c’est « un acte de stabilisation, de clarification et de responsabilité », lequel vise, a-t-il dit, « à garantir un cadre fiable, à protéger les équilibres du secteur et à accompagner son développement ». Car, pour lui, le marché audiovisuel ivoirien doit reposer sur des données crédibles, évoluer dans la transparence et s’inscrire dans un cadre structuré. « C’est précisément ce que nous mettons en place aujourd’hui », a-t-il soutenu.
Sur les raisons de la rupture avec le précédent opérateur
Répondant aux questions des journalistes, Me René Bourgoin est revenu sur les raisons de la rupture avec l’opérateur précédent. « Il est difficile de s’exprimer publiquement sur les détails, par souci de préservation de l’image et de la crédibilité de cette société, qui demeure un acteur important du secteur. Ce que nous pouvons dire, c’est qu’il y a eu des manquements ayant conduit à la fin de la collaboration », a-t-il relevé.
Sur les raisons de la sélection du nouvel opérateur national
S’agissant du choix du nouvel opérateur, le président de la HACA a rappelé qu’un appel d’offres a été lancé, conformément aux procédures en vigueur. « Plusieurs structures ont été évaluées, et le cabinet retenu a démontré des garanties solides en termes d’expertise et de capacité opérationnelle », a-t-il fait savoir soulignant que pour cet appel d’offres, la priorité a été faite aux champions nationaux. « Nous avons également fait le choix d’encourager l’émergence de compétences nationales. Les entreprises ivoiriennes n’ont rien à envier aux standards internationaux, et il est important de leur donner l’opportunité de s’exprimer et de se développer », a-t-il confié.
Et Aly Berté d’insister sur le fait que « le cabinet ThinkTank Média dispose d’une solide expérience dans le domaine des études médias et de la mesure d’audience ». Loin de se présenter comme un parvenu, il assure avoir participé à plusieurs initiatives en Côte d’Ivoire et dans la sous-région, notamment dans les domaines du media planning, de l’analyse des données et de l’accompagnement des annonceurs rappelant que son rôle sera de fournir des données fiables, transparentes et exploitables, afin de contribuer à la structuration et au développement du marché.
Le mercredi 11 mars 2026 à travers un communiqué de presse, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) annonçait la sélection du cabinet Thinktank Media pour assurer la mesure d'audience des médias audiovisuels en Côte d'Ivoire. Avant de rappeler que c'est suite à un appel de candidature lancé le 18 février 2026 visant la désignation d'un opérateur technique capable de mettre en place un système fiable d'évaluation des audiences télévisuelles et radiophoniques que ce cabinet a été choisi à l'issue du processus d'analyse des dossiers. L'offre du cabinet Thinktank Media, précisera-t-elle, a été jugée « la plus conforme aux exigences méthodologiques, techniques et opérationnelles « définie dans le cahier des charges », soulignant que la mission de l’opérateur sélectionné sera de « concevoir et de déployer le dispositif national de mesure d’audience des médias audiovisuels ».
Philip KLA