Culture

Africa Forward Summit : La diplomatie culturelle gagnante de la ministre Françoise Remarck à Nairobi 

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Membre de la délégation officielle de la Côte d’Ivoire à l’Africa Forward Summit, tenu à Nairobi au Kenya du 11 au 12 mai 2026, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a remarquablement porté et défendu la diplomatie culturelle ivoirienne. Des enjeux de restitution du patrimoine africain en passant par la coopération culturelle ainsi que la formation des jeunes aux métiers de la culture, la ministre a su défendre la Côte d’Ivoire culturelle. 

Au sein de la délégation officielle conduite par le président de la République, Alassane Ouattara, la ministre Françoise Remarck a porté la voix de la Côte d’Ivoire sur les enjeux de restitution du patrimoine africain, de coopération culturelle et de formation des jeunes aux métiers de la culture. Déjà, le 11 mai 2026, lors d’un panel de haut niveau présidé par le président français, Emmanuel Macron, en présence de personnalités majeures du monde de la restitution africaine, dont Marie-Cécile Zinsou et le Professeur Souleymane Bachir Diagne, la ministre de la Culture et de la Francophonie a partagé l’expérience ivoirienne en matière de restitution des biens culturels qui est saluée par tous.

A cette tribune, elle a rappelé que les avancées enregistrées par la Côte d’Ivoire reposent sur une vision stratégique impulsée par le président de la République, faisant de la culture un levier de développement, soutenu depuis plusieurs années par un important dispositif juridique, institutionnel et économique en faveur des industries culturelles et créatives. Depuis 2014 et l’adoption de la loi sur la politique nationale culturelle par le Chef de l’État. La ministre Françoise Remarck a également souligné que la restitution ne saurait se limiter au retour physique des œuvres. Elle engage, selon elle, une réflexion plus large sur la mémoire, la transmission, le regard des jeunes générations et la place des communautés dans la réappropriation de leur patrimoine.

Cette séquence diplomatique et culturelle est intervenue quelques jours après l’adoption définitive par le Parlement français, le 07 mai 2026, de la loi relative à la restitution de biens culturels provenant d’États qui, du fait d’une appropriation illicite, en ont été privés. Adopté à l’unanimité, ce texte marque une étape historique dans l’évolution des politiques de restitution et ouvre de nouvelles perspectives aux États africains souhaitant engager des demandes de retour de leurs biens culturels.

Au cours de cette mission, la ministre de la Culture et de la Francophonie a également échangé avec son homologue française, Catherine Pégard, autour du renforcement de la coopération culturelle entre la France et la Côte d’Ivoire, notamment sur les questions de formation, de muséologie, de cinéma, de dialogue culturel, de culture et de développement des compétences adaptées aux nouveaux métiers du secteur culturel.

Dans l’après-midi du 11 mai 2026, intervenant en qualité de keynote speaker sur les enjeux du patrimoine africain, Françoise Remarck a mis en lumière les efforts engagés par la Côte d’Ivoire dans la formation de conservateurs, la numérisation du patrimoine, le dialogue avec les communautés ainsi que la modernisation des outils de conservation. À cette occasion, les 26 premières œuvres ivoiriennes numérisées par des conservateurs ivoiriens et intégrées au catalogue Micro-Folie ont été dévoilées en avant-première, rappelant que la Côte d’Ivoire est le premier pays africain à rejoindre ce dispositif international de diffusion numérique des collections culturelles sous le nom « Micro-Folie Destination Côte d’Ivoire ». Cette démarche, a-t-elle précisé, ouvre de nouvelles perspectives en matière de transmission patrimoniale grâce à un dispositif mobile et itinérant composé de tablettes numériques, de casques de réalité virtuelle, de jeux vidéo et d’équipements immersifs. L’objectif est de diffuser les contenus culturels dans les musées, établissements scolaires, galeries, centres culturels et autres espaces de vie culturelle sur l’ensemble du territoire national.

Par ailleurs, a-t-elle relevé, dans cette même dynamique de transmission et de valorisation du patrimoine, la Côte d’Ivoire a également engagé une approche participative fondée sur la consultation de la jeunesse et de la société civile, à travers des tournées à l’intérieur du pays associant scientifiques et conservateurs autour des enjeux et des spécificités de la politique patrimoniale ivoirienne.

Le 12 mai 2026, la ministre et son homologue française Catherine Pégard ont participé à une rencontre de travail avec des Directeurs de musées, dont Tagro Daleba Francis, Directeur du Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire et des responsables muséaux européens autour du programme Europe-Afrique, consacré au partage des connaissances, au renforcement des capacités et à la coopération muséale Sud-Sud. Avant de retrouver à l’université Jomo Kenyatta la ministre déléguée à la Francophonie, Eléonore Caroit pour le panel.

La mission de la ministre de la Culture et de la Francophonie s’est poursuivie au Musée national du Kenya, où les deux ministres ont rencontré la Directrice des musées nationaux du Kenya, Professeur Mary Gikungu. Pour la Côte d’Ivoire, les échanges ont permis d’ouvrir des perspectives de coopération entre les deux pays dans les domaines du patrimoine, de l’archéologie et de la valorisation muséale.

La journée du 12 mai 2026 s’est achevée à la fin du panel dans une ambiance culturelle exceptionnelle, marquée par une prestation artistique de slam Amee Slam et de Nin’Wlou autour du Djidji Ayokwé, symbole fort de mémoire et de transmission.

Durant son séjour, la ministre s’est également entretenue avec des acteurs culturels dont l’écrivaine à succès Fatou Diomandé et de jeunes Ivoiriens étudiants au Kenya. La participation de la Côte d’Ivoire à l’Africa Forward Summit sur le volet culturel confirme le rôle grandissant de la Côte d’Ivoire dans les débats internationaux sur le patrimoine, la restitution et les politiques culturelles innovantes. Elle traduit également la volonté des autorités ivoiriennes de faire de la culture un instrument de rayonnement, de dialogue et d’opportunités pour la jeunesse africaine.