Culture

Prolifération des discours de haine / Pr Nanourougo Coulibaly : « Il faut les combattre dans les cadres privés comme publics »

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© Droits réservés Plusieurs personnalités politiques, religieuses et administratives ont été distinguées comme des ambassadeurs de paix (Ph : RY)
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Lancée le 9 avril 2025 par une conférence en ligne, animée par Lorela Sini, enseignante-chercheure à l’Université de Pise (Italie), sur le thème « détecter les discours de haine », la campagne de lutte contre le discours de haine, initiée par le Réseau africain d’analyse du discours (2RAD), a pris fin hier, jeudi 18 juin 2026.

C’est à travers une conférence publique assurée par le Professeur Nanourougo Coulibaly, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny, au sein du Centre africain de management et de perfectionnement des cadres (CAMPC), que cette activité de portée sociale a pris fin.

En effet, s’appuyant sur le thème « "on n’attache pas bagage avec petit djoula". Pour une éthique du quotidien et de la parole publique », Prof. Nanourougo Coulibaly a relevé que la haine circule par les discours dans notre société. « C’est un bout de phrase qui est couramment utilisé en Côte d’Ivoire et qui est porteur de germes de conflictualité et de haine. Je l’ai choisi pour mettre en évidence la thématique de la haine qui circule à travers les discours », a-t-il souligné.

« Il faut combattre les discours de haine dans les cadres privés comme publics »

Poursuivant, il a appelé à ne pas laisser les discours de haine prospérer. Bien au contraire, ils doivent être combattus. « Le substrat de mon intervention est qu’il faut combattre les discours de haine dans les cadres privés comme publics, et surtout, l’entretien de la conflictualité. Il faut produire un discours qui jugule les discours de haine ou un discours alternatif (un contre-discours) qui nuance les choses et permet de regarder l’autre avec respect et non avec haine. Parce qu’à terme, c’est la conflictualité qui délie le lien social », a-t-il souhaité.

Processus de longue haleine, a-t-il noté, l’enseignant-chercheur suggère que la campagne de lutte soit maintenue. « C’est donc à travers ce même discours qu’on peut casser la circulation de la haine », a-t-il proposé.

Implication de toutes les forces vives du pays dans le processus

Pour cette raison, le Réseau africain d’analyse du discours (2RAD) qui pilote cette campagne n’entend pas œuvrer seul. Il a impliqué, ce faisant, toutes les forces vives du pays dans la lutte contre les discours de haine. « Après les conférences, les colloques et les livres que nous proposons, qu’est-ce qu’on fait pour changer la société ? On s’est dit qu’il faut venir vers la population, les forces vives de la nation, notamment les hommes politiques, les opérateurs économiques, les directeurs de société, les artistes, etc., pour que chacun fasse sa part, en vue qu’ensemble, on arrive à créer une société beaucoup plus inclusive et cohésive », a fait savoir Dr Dorgelès Houessou, enseignant-chercheur, président du R2AD. Et d’ajouter que « nous avons fait une quinzaine d’ambassadeurs de paix, issus de divers secteurs d’activité, parce que chacun porte quelque part cette responsabilité sociale qui contribue à la paix et à la cohésion sociale ».

Raymond YAO