Culture

Le tambour-parleur Djidji Ayokwè retrouve son village d’origine avant de rejoindre le musée des civilisations  

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Saisi en 1916 par les autorités coloniales, avant d’être envoyé en France en 1929 puis exposé à Paris au musée du Trocadéro, puis dans celui du quai Branly avant de revenir à Abidjan le 13 mars 2026, le tambour parleur Djidji Ayoké a été officiellement présenté à la communauté Tchaman, le vendredi 07 août 2026, à la place Akosso Gban Hin d’Adjamé, à l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. La cérémonie a été marquée par la présence de plusieurs gouvernementales, politiques, culturelles, administratives, coutumières, culturelles et locales. 

Représentant pour l’occasion le Premier ministre Robert Beugré Mambé, le ministre-conseiller à la présidence de la République, Laurent Tchagba, a d’entrée salué les sacrifices consentis par la communauté Tchaman dans le cadre de la présentation du tambour parleur à la nation. « Vous avez contribué à faire en sorte que cette volonté du chef de l’État soit accomplie aujourd’hui en présentant le Djidji Ayôkwé à la nation », a t-il témoigné, non se réjouir que cette cérémonie de présentation a pour ambition de contribuer au renforcement de la cohésion entre les communautés vivant à Abidjan. Par ailleurs, a-t-il assuré le soutien du président de la République aux communautés locales conformément à sa politique de valorisation du patrimoine national. « Je voudrais que mes frères Tchaman, mes frères d’Adjamé comprennent que le village d’Adjamé ne sera jamais laissé pour compte par Alassane Ouattara », a-t-il assuré. 

La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a pour sa part, traduit sa gratitude « à toutes celles et à tous ceux qui ont contribué au succès de la cérémonie traditionnelle marquant le retour du tambour-parleur sacré Djidji Ayokwè sur ses terres, à Adjamé ». Pour elle, cette ferveur pour accueillir le Djidji Ayokwè est « ce symbole majeur de notre patrimoine et de notre mémoire collective », soulignant que « la tradition a été respectée, les rites accomplis avec dignité, et l’émotion était forte ». Par ailleurs, a-t-elle rendu hommage à ses prédécesseurs qui ont posé les premiers jalons de « cette restitution historique ». 

Premier bien culturel ivoirien à être restitué, la ministre Françoise Remarck a en outre assuré que d’autres biens suivront. « Le Tambour Parleur, Djidji Ayokwè est le premier de nos biens culturels à rejoindre sa terre d’origine et loin d’être le dernier. Nous poursuivrons, avec la même détermination, nos efforts pour la préservation, la valorisation et le retour de notre patrimoine culturel », a-t-elle assuré non sans confier que « le tambour-parleur, tambour sacré, Djidji Ayokwè sera installé au Musée des civilisations de Côte d’Ivoire ». 

Député-maire de la commune d’Adjamé, Soumahoro Farikou, s’est félicité du retour du Djidji Ayôkwè sur sa terre d’origine. Un retour 110 ans après qui selon lui est un moment majeur de notre histoire nationale. Car dira-t-il, « le Djidji Ayôkwè n’est pas un simple objet culturel. Il est une voix, une mémoire et un symbole de notre identité ». Il a également souligné que son retour après plus d’un siècle constitue un acte fort de transmission de notre histoire aux générations futures, tout en exprimant la fierté d’Adjamé d’accueillir ce patrimoine ancestral.

Mobio Prospère, Secrétaire général (SG) de la chefferie d’Adjamé a formlé le vœu que le retour du Djidji Ayôkwè veille avec bienveillance sur Abidjan Adjamé et dissipe les malentendus ainsi que les incompréhensions susceptibles de compromettre l'harmonie entre les filles et les fils du village. « Les djemiens, peuple autochtone d'Abidjan Adjamé, émettent le vœu que le retour du Djidji Ayôkwè soit placé sous le signe du pardon, de la réconciliation et de la prise en compte de leurs vœux afin que dans le cadre de la reconstruction d'Adjamé village toutes les filles et fils d'Adjamé village aient un toit sur la terre de leurs ancêtres (…)  Ils implorent le président de la République, le prient et le supplient de redonner le sourire aux Bidjans, privés d'un cadre de vie décent, qui pleurent, nuit et jour, la destruction de leurs habitations depuis le 25 juillet 2024 », a-t-il plaidé.   

Le Djidji Ayôkwè est l'un des objets les plus symboliques du patrimoine ivoirien. Confisqué par les autorités coloniales françaises en 1916, ce bien culturel a été restitué officiellement par la France en février 2026, puis acheminé en Côte d'Ivoire le 13 mars 2026. Long de près de 4m pour un poids de 430Kg, le Djidji Ayôkwé servait à transmettre des messages. 

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