
D’abord, les chefs rappellent qu’« on ne peut pas avoir de manifestation devant une copie , la manifestation se fait devant l’original ». Selon eux, l’image largement diffusée montrant un jeune colon assis sur le tambour n’a pas de valeur authentique. « Si le Djidji Ayôkwè avait été dans son sanctuaire, jamais un colon n’aurait osé monter dessus », souligne le porte-parole.
Ensuite, ils précisent que l’histoire de la queue brisée du tambour reste une affaire communautaire, volontairement tenue à l’écart du débat public. Ce fragment, déplacé du sanctuaire d’Adjamé vers Bingerville, symbolise une partie de la mémoire collective. Toutefois, les chefs insistent , le tambour original a quitté Adjamé pour Bingerville, et la photo brandie aujourd’hui ne représente pas leur véritable héritage.
Par ailleurs, ils appellent à mettre fin aux querelles stériles. Le retour du Djidji Ayôkwè, affirment-ils, a mobilisé les plus hautes autorités de l’État. Le président Alassane Ouattara s’est personnellement impliqué, tandis que le gouverneur Robert Beugré Mambé, figure de la communauté Tchaman, et la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck , originaire d’Adjamé village, ont œuvré pour cette restitution.
Enfin, le porte-parole rappelle que des étudiants Atchans présents depuis 1972 ont déjà authentifié le tambour. « Nous devons célébrer son retour, et non alimenter une polémique inutile. Qu’il y ait un minimum de respect pour ce symbole », conclut-il.