Culture

Restitution du Djidji Ayokwè : Le discours emprunt d’histoire et d’émotion de la ministre Françoise Remarck

restitution-du-djidji-ayokwe-le-discours-emprunt-dhistoire-et-demotion-de-la-ministre-francoise-remarck
© Droits réservés
PARTAGEZ
Le 20 février 2026 restera gravé dans la mémoire collective ivoirienne. Au Musée du quai Branly – Jacques Chirac, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a livré une allocution empreinte d’émotion et de solennité, marquant le retour du tambour parleur Djidji Ayokwè, symbole ancestral du peuple Atchan.

Dès l’ouverture de son discours, la ministre a tenu à exprimer sa reconnaissance envers Emmanuel Kasarhérou, président du musée, ainsi qu’aux équipes françaises et ivoiriennes qui ont œuvré ensemble pour cette restitution. Elle a rappelé que ce tambour, arraché à sa communauté en 1916, n’était pas un simple objet : « il est une voix, une mémoire, un protecteur ». 

En opposant « 1916 et la douleur » à « 2026 et le retour », Françoise Remarck a souligné la portée historique de l’événement. Plus qu’un transfert matériel, il s’agit d’une réparation symbolique et d’un acte de cohésion sociale. Elle a insisté sur le rôle du président Alassane Ouattara, dont la diplomatie active a permis d’aboutir à ce dénouement, rappelant ses mots : « bâtir l’avenir, c’est aussi préserver notre histoire ».

Par ailleurs, la ministre a élargi la portée de cette cérémonie en saluant la présence de personnalités internationales, telles que Louise Mushikiwabo (OIF) et Khaled El-Enany (UNESCO). Selon elle, cette restitution dépasse les frontières et s’inscrit dans une dynamique universelle de préservation et de transmission des patrimoines. Ensuite, Françoise Remarck a insisté sur la méthode adoptée , une démarche inclusive, respectueuse des communautés et des anciens. Rien n’a été imposé, tout a été construit dans le dialogue. Elle a également mis en avant les retombées positives de ce processus, formation des conservateurs ivoiriens aux technologies de numérisation 3D et 4D, création d’un laboratoire numérique, et ouverture des collections au dispositif mondial Micro-Folie.

Enfin, la ministre a conclu en rappelant que restituer ne signifie pas seulement « rendre un bien culturel », mais aussi transmettre une histoire authentique aux jeunes. Ces derniers, a-t-elle affirmé, « ne veulent pas d’une histoire approximative, ils veulent la vraie, la leur ».