
Nommé à la tête du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme le 10 juillet 2018, Bruno Koné ne bénéficiera pas d’une prolongation à la tête de ce ministère. Il a été, en effet, nommé le 23 janvier 2026, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, dans le gouvernement Mambé 2. En 7 années passées à la tête du département de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, il a impulsé de multiples réformes relatives à son champ d’action.
ADU, délivrance de milliers d’ACD
Les plus notoirement connues sont celles portant sur la gestion foncière, notamment du foncier urbain. Il a instauré, en juillet 2024, l’attestation du droit d’usage coutumier (ADU) en remplacement de l’attestation villageoise. Une réforme qui vise à éviter désormais l’arnaque et les conflits dans le foncier, dus à l’attribution d’une même parcelle à plusieurs personnes. Il a également pris des mesures visant à mieux sécuriser davantage la délivrance de l’Arrêté de construction définitive (ACD) en faisant modifier l’ordonnance n°2013-481 du 02 juillet 2013, par l’ordonnance n°2018-357 du 29 mars 2018. Par ce texte, l’ACD est confirmée comme l’acte unique conférant la pleine propriété. Ce qui réduit de ce fait le contentieux.
Pour une plus grande transparence et efficacité dans la délivrance des actes fonciers, en particulier les ACD, Bruno Koné a mis en place le Système intégré de gestion du foncier rural (SIGFU), qui a vu la création des guichets uniques du foncier. Résultat : cela a entraîné une accélération de la production des ACD. En 2024, 34 743 ACD ont été signés à Abidjan et à l’intérieur du pays ; puis 33 344 en 2025. Les ACD signés à Abidjan sous sa direction représentent 70% des dossiers traités.
Plusieurs textes de loi adoptés
C’est également sous l’ère Bruno Koné qu’ont été pris plusieurs textes visant à mieux structurer l’urbanisation, le foncier et le logement. Ainsi, a été adoptée la loi n°2018-575 du 13 juin 2018 qui encadre désormais les relations entre bailleur et locataire. C’est à cette loi qu’on doit le paiement désormais de 2 mois de loyer et 2 mois de caution contre plusieurs mois auparavant. On peut également citer la loi n°2019-624 du 14 août 2020 instituant le Code l’Urbanisme et du Foncier urbain ; le décret n°2021-864 du 15 décembre 2021 qui a transformé la SICOGI en Agence nationale de l’habitat (ANAH) ; le décret n°2021-868 du 15 décembre 2021 qui a créé le Fonds de garantie du Logement social (FGLS).
Au-delà des textes de loi, on doit au désormais ex-ministre de la Construction l’élaboration des schémas directeurs d’urbanisme du Grand Abidjan, de Bouaké et de Yamoussoukro ; la mise en oeuvre du projet de délimitation des territoires villageois du Grand Abidjan, qui concerne 189 villages.
Logements sociaux construits ; édifices publics réhabilités
En ce qui concerne les programmes de logement lancés sous sa houlette, on retiendra que 8782 logements ont été effectivement réalisés sur 150 000 logements économiques et sociaux que promettait le programme présidentiel de construction de logements sociaux. S’agissant du programme de construction de 25 000 logements, venu pallier les difficultés rencontrées par le programme présidentiel, Bruno Koné laisse les travaux de construction de 800 logements à la Cité policière BAE de Yopogon ; 1160 appartements à PK24 ; 420 logements à Yamoussoukro et 680 logements à Bouaké.
Son passage à la tête du ministère de la Construction reste également marqué par la construction d’infrastructures administratives d’importance comme la Tour F ; la réhabilitation des Tours A, B et C de la cité administrative ; la réhabilitation du Palais des Hôtes et de l’immeuble Sebroko. C’est également à l’ère Bruno Koné que l’on doit l’aboutissement du projet d’adressage des rues d’Abidjan, lesquelles portent désormais des noms de personnalités bien connues d’ici et d’ailleurs.
Les défis qui l’attendent dans le monde agricole
C’est sans doute cet éloquent bilan qui lui vaut d’être envoyé en mission dans le secteur agricole où bien des défis l’attendent. Il est projeté dans un milieu miné par des faiblesses structurelles et en proie à une crise aiguë de la filière cacao. En effet, depuis plusieurs mois, des dizaines de milliers de producteurs se retrouvent privés de revenus dans un contexte d’autant plus paradoxal que la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. C’est dans ce contexte tendu que Bruno Koné arrive au ministère de l’Agriculture, avec sans doute des solutions dans sa sacoche.
Assane NIADA