Économie

9e Conférence africaine sur la protection des données : Vers une régulation responsable des technologies innovantes

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La capitale ivoirienne devient, du 18 au 21 mai 2026, accueille La 9e Conférence du Réseau africain des Autorités de protection des Données personnelles (Rapdp), une réflexion africaine sur la régulation numérique.

Cette 9e Conférence du Réseau africain des Autorités de protection des Données personnelles (Rapdp), organisée par l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (Artci), s’ouvre sur un thème brûlant : « La régulation des technologies innovantes : enjeux, défis et perspectives des autorités de protection en Afrique ».

Dans un contexte marqué par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, des données massives et des objets connectés, cette rencontre réunit 24 délégations africaines. Elle se veut un espace de dialogue et de réflexion sur la manière dont les États peuvent protéger les citoyens tout en accompagnant l’innovation.

Felix Roger Adom, président du Conseil de régulation de l’Artci, a rappelé que cette conférence est la première depuis la nomination du nouveau Conseil, le 21 avril dernier. Avec humilité mais détermination, il a insisté : l’Afrique doit avancer vers une innovation responsable, sans jamais sacrifier les droits fondamentaux.

La protection des données personnelles n’est plus une option, mais une nécessité. Identité, dignité, sécurité : autant de valeurs menacées par une exploitation abusive des données. Pour Adom, la régulation ne doit pas être perçue comme une entrave, mais comme un cadre protecteur qui favorise l’innovation. Autrement dit, il s’agit de dépasser l’opposition stérile entre régulation et progrès technologique.

Adamou Hiro, président du Rapdp, a souligné que le thème de cette année résonne avec les préoccupations des États africains. Si l’intelligence artificielle et les objets connectés ouvrent des perspectives inédites, ils posent aussi des risques majeurs pour la vie privée. D’où l’urgence de bâtir un cadre africain de confiance, garantissant une utilisation sécurisée et responsable des technologies.

Djibril Ouattara, ministre ivoirien de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, a salué les avancées de 35 délégations africaines dans l’élaboration de lois sur la protection des données. Toutefois, il a pointé un défi crucial : l’harmonisation. Si des progrès sont visibles en Afrique francophone, les disparités persistent et fragilisent la souveraineté numérique. Le ministre appelle donc à consolider les institutions et à uniformiser les réglementations.

La Côte d’Ivoire n’est pas en reste. Avec la loi n° 2013-450 et des campagnes de sensibilisation, le pays a déjà posé les bases d’une régulation solide. En s’inspirant des meilleures pratiques internationales, il entend contribuer à l’élaboration d’un cadre continental. Au-delà des acquis, la conférence ouvre des perspectives ambitieuses : adapter les législations nationales aux défis de l’intelligence artificielle, réguler les transferts transfrontaliers de données, concilier protection et innovation, et surtout, garantir la place des droits des citoyens africains dans les grandes architectures numériques mondiales.

Autant de questions qui seront débattues par des experts tels que Pr Mamoudou Niane, Dr Guibessongui, Djibril Ouattara ou encore Iro Adamou. Abidjan devient ainsi, le temps de quelques jours, le laboratoire d’un futur numérique africain, sécurisé et responsable.