
L e 8 août, le ministère de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique a dû publier un démenti. Un faux communiqué, imitant sa charte graphique et portant un numéro de référence fantaisiste, annonçait le report de la rentrée au 5 octobre. La date officielle n'avait pas bougé : lundi 14 septembre 2026. Trois jours plus tard, le ministre N'Guessan Koffi ouvrait à Cocody les séances préparatoires, placées sous le slogan « La Côte d'Ivoire à l'École ».
Consigne aux directeurs régionaux : que les cours démarrent effectivement le 14, et non la semaine suivante. Les inscriptions en ligne dans le secondaire, ouvertes depuis le 1er août, se referment le 31. Pour les parents, le compte à rebours a une autre signification. Il reste moins de quatre semaines pour réunir une somme qui, dans beaucoup de foyers, se négocie encore auprès d'une tontine ou d'un employeur.
Dix milliards de francs en kits
L'effort public est réel et chiffrable. Pour l'année écoulée, 4 369 241 kits scolaires ont été distribués gratuitement dans les écoles primaires publiques, pour un coût de 10 milliards FCFA. Depuis 2011, plus de 57 millions de kits ont été remis aux élèves, soit 147 milliards. Les manuels du préscolaire, du CP et du CE1 sont fournis sans frais. Au collège, la Bourse nationale du manuel scolaire ramène à 10 000 FCFA le prêt des huit manuels de sixième et de cinquième, contre près de 48 000 FCFA à l'achat.
À cela s'ajoute l'homologation des prix des ouvrages scolaires d'édition locale, dont le respect sur les marchés relève du Comité de lutte contre la vie chère. Rien de tout cela n'est symbolique. Le dispositif retire du budget des ménages des postes qui, il y a quinze ans, revenaient entièrement aux parents. Le problème n'est pas là. Il est dans ce que la gratuité ne couvre pas, et dans ce que certains établissements continuent de réclamer en marge.
Ce qui se paie quand même
L'inscription en ligne coûte 6 000 FCFA dans le public et 3 000 FCFA dans le privé, réglés par Trésor Money, Orange Money, MoMo, Moov Money ou Wave. Suivent le cartable, les cahiers d'appoint, la tenue, les chaussures, le transport quotidien et, souvent, la cantine. Poste après poste, le total dépasse largement ce que l'État a pris en charge en amont.
La hausse des carburants entrée en vigueur le 1er août ajoute une pression indirecte. Le litre de gasoil est passé de 700 à 725 FCFA, celui du super sans plomb de 875 à 905 FCFA. Le cahier ne renchérit pas mécaniquement pour autant, mais il voyage, du port aux grossistes d'Adjamé puis aux étals de quartier, et chaque maillon répercute sa part. Les transporteurs, de leur côté, ont déjà ouvert la discussion sur leurs tarifs avec le ministère des Transports.
La zone grise des frais annexes
Reste le poste le plus contesté, et le seul qui soit indéfendable. Les comités de gestion des établissements scolaires, créés par le décret n° 95-26 du 20 janvier 1995, jouent un rôle utile dans l'entretien des écoles. Mais les cotisations exceptionnelles qu'ils levaient ont été supprimées, et cette suppression a été maintenue. Dans les faits, elle se contourne. Frais de photocopie, de gardiennage, d'association de parents, vente de tenues imposée à un fournisseur unique : les intitulés varient, le principe reste le même.
En mai dernier, le ministère a dû rappeler à l'ordre des COGES et des chefs d'établissement qui ouvraient les salles de classe à des mariages et à des baptêmes. Quand la règle se contourne sur les locaux, elle se contourne rarement sur les locaux seulement. Trois mesures suffiraient à réduire l'écart avant le 14 septembre. Un numéro de signalement opérationnel et connu des parents. L'affichage obligatoire, à l'entrée de chaque établissement public, des sommes exigibles et de celles qui ne le sont pas. Et la sanction publique d'un ou deux cas, dès les premiers jours plutôt qu'en fin de trimestre. La gratuité ne vaut que si quelqu'un la fait respecter