
Lancés le 3 octobre 2015 par Daniel Kablan Duncan, alors Premier ministre, les travaux ont dépassé le village frontalier de Pekan-Houebly pour rejoindre le pont métallique sur la rivière Tanhi, qui marque la limite entre les deux pays. Un nouveau pont enjambe par ailleurs le fleuve Cavally à hauteur du village de Sahibly, entre Blolequin et Toulepleu. « Le président Alassane Ouattara fait ce qu'il dit. Il respecte toujours ses promesses. C'est un grand homme qui respecte sa parole », ne cesse de répéter à ses visiteurs la ministre d'État chargée de la Fonction publique, Anne Désirée Ouloto-Lamizana, qui dirigeait déjà en 2009 la section locale du parti d'Alassane Ouattara, le RDR.
C'est pour me rendre compte par moi-même des difficultés que vous avez à parcourir
En octobre 2009, en vue de la présidentielle de 2010, le candidat avait sillonné la région par la route. Son cortège avait mis plus de quatre heures pour couvrir les 62 kilomètres qui séparent Blolequin de Toulepleu, à plus de 500 km à l'ouest d'Abidjan. Plusieurs véhicules, y compris des 4x4, avaient dû rebrousser chemin. Arrivé à Toulepleu, Alassane Ouattara avait mis de côté son discours pour ne parler que de la route, devant une foule réunie sur la place qui porte aujourd'hui son nom. « Si je suis venu par la route, c'est pour me rendre compte par moi-même des difficultés que vous avez à parcourir ce tronçon non bitumé. Si je suis élu, je vais bitumer cette route et construire un nouveau pont sur le fleuve Cavally. Cette route ne répond pas aux besoins d'une région aussi riche », avait-il promis.
C’est du concret
La zone était alors presque entièrement acquise à la coalition proche de l'ancien président Laurent Gbagbo, et beaucoup doutaient du projet. « D'aucuns disaient que c'étaient des mensonges, d'autres parlaient d'illusions, mais malgré les difficultés, le bitume a traversé Toulepleu jusqu'à la frontière. C'est du concret et c'est ce que nous voulons », se réjouit Péhé Gildas, habitant de Toulepleu. « C'est pourquoi nous avons voté massivement pour le président Alassane Ouattara à la dernière élection présidentielle. Nous avons choisi le développement pour notre région », ajoute-t-il.
Réélu le 25 octobre 2025 pour un quatrième mandat, Alassane Ouattara a cette fois recueilli dans le Cavally un large soutien que ses partisans mettent sur le compte de ses réalisations. Nombre de ses détracteurs d'alors ont depuis rejoint le RHDP, le parti au pouvoir, affirment-ils.
Yacouba DOUMBIA