Économie

Yacouba Doumbia recadre Assalé Tiemoko : "Non, la Chine et la Côte d'Ivoire n'ont jamais boxé dans la même catégorie"

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Le journaliste et Directeur général du Groupe Les Éditions L'Avenir, Yacouba Doumbia, a tenu à remettre les choses au clair en recadrant Assalé Tiemoko Antoine, suite à sa sortie comparative entre la Côte d'Ivoire et la Chine, il y a quelques jours.

"Au cours d'un module dédié aux réformes économiques et administratives qui ont propulsé la Chine au rang de puissance mondiale, notre formateur, professeur-chercheur à l'université de Nanchang, a lancé cette affirmation : jusqu'en 1980-1990, la Côte d'Ivoire, votre pays était bien plus en avance que la Chine, dans beaucoup de domaines y compris le fonctionnement de l'administration. Dans la salle, un silence presque incrédule s'est installé. Puis le professeur a projeté une vidéo sur la Côte d'Ivoire dans les années 1970 et 1980", avait-il rappelé Assalé Tiemoko. Qui a par la suite expliqué le "retard" pris par la Côte d'Ivoire depuis cette époque et vu la Chine être désormais beaucoup loin devant. 

À cette sortie, Yacouba Doumbia a tenu à clarifier les faits. Pour lui, les deux pays n'ont jamais "boxé dans la même catégorie". "Il faut prendre déjà conscience de ce qu'est la Chine. Ce n'est ni plus ni moins qu'une civilisation millénaire à laquelle on doit des inventions comme le gouvernail et des édifices comme la Grande Muraille. Les premiers récits de Marco Polo sur la Chine ont fait rêver les Européens et motivé Christophe Colomb dans son voyage vers le Nouveau Monde. Je ne parle même pas de la Route de la soie et des navigateurs chinois qui atteignent, au Moyen Âge les côtes orientales de l'Afrique", a-t-il déclaré. 

À l'écouter, dans cette période de 1970, ce pays de l'Asie récupérait déjà un siège de membre permanent du Conseil de sécurité. Comme pour rappeler l'impact historique que la Chine avait déjà sur le monde ou semblait déjà avoir. "Un pays qui envoie son satellite dans l'espace et qui détient depuis 1964 la bombe atomique. Je ne parle même pas de son leadership sur le mouvement des non-alignés et, plus largement sur le Tiers-monde, de la tournée africaine de Zhou Enlai. C'est le pays qui fait le plus trembler, sur le plan sécuritaire, Houphouët-Boigny. Il faut vraiment se reprendre un tout petit peu pour comparer la Chine et la Côte d'Ivoire dans les années 1970", a expliqué Yacouba Doumbia. 

En clair pour lui, en faisant cette sortie, Assalé Tiemoko et ses collaborateurs s'appuient, selon Yacouba Doumbia, sur "une seule donnée : le PIB par habitant". Chose qu'il trouve par ailleurs trompeuse. Et pour cause, selon lui, "à part cette donnée, la Chine était devant toutes les autres. Espérance de vie à 60 ans en Chine quand nous étions à 45 ans, plus du double du taux d'alphabétisation, deux fois moins de mortalité infantile, nombre incomparable d'ingénieurs par habitant".

"En outre, les deux premiers tiers du XXe siècle sont très éprouvants pour la Chine. Le pays a dû d'abord subir l'invasion japonaise (visitez le musée de Nankin) avant de vivre une guerre civile jusqu'en 1949. Les années 60 sont celles du Grand bond en avant avec ses famines, et de la Révolution culturelle, le tout dans une économie maoïste essentiellement tournée vers l'intérieur, car pays relativement fermé du point de vue commercial, sans que son potentiel ne s'exprime. C'est d'ailleurs ce qui pousse Alain Peyrefitte à publier, dès 1973, un essai intitulé 'Quand la Chine s'éveillera et le monde tremblera' ", a-t-il rappelé. 

Yacouba Doumbia estime évidemment qu'il y a des leçons à tirer de ce pays. Et ce, en matière de transfert de technologie dans les contrats qu'on passe et surtout réussir une véritable intégration africaine. "Car jamais la Côte d'Ivoire ne pourra se comparer à la Chine mais l'Afrique de l'Ouest, voire l'Afrique", a-t-il insisté. Avant de rappeler les dons de riz que la Chine fait depuis plusieurs années à la Côte d'Ivoire. "C'est par l'agriculture et le riz que la Côte d'Ivoire et la Chine normalisent leurs relations en 1983. Cette diplomatie du riz prend la forme d'aide technique, de dons de semences et de dons de riz, et cela depuis 1983...", a-t-il conclu.

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