Économie

Assalé Tiemoko : "La prospérité n'est jamais un héritage garanti"

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Le maire de la commune de Tiassalé, Assalé Tiemoko Antoine, est revenu sur une formation de plusieurs maires de Côte d'Ivoire sur le modèle économique de la Chine, précisément à Nanchang, au cours de laquelle il a été choqué par la réalité du moment entre la Côte d'Ivoire et la Chine.

Cette excursion s'inscrivait dans le cadre de la coopération décentralisée entre les deux pays où des maires de plusieurs communes dont Sassandra, M'Bahiakro, Gohitafla, Anoumaba, Toulépleu, Bin-Houyé, y ont pris part. Il était donc question, d'après l'ancien député de Tiassalé, de comprendre l'origine des réformes économiques et administratives qui ont propulsé la Chine au rang de puissance économique mondiale. 

"Au cours d'un module dédié aux réformes économiques et administratives qui ont propulsé la Chine au rang de puissance mondiale, notre formateur, professeur chercheur à l'université de Nanchang, a lancé cette affirmation : jusqu'en 1980-1990, la Côte d'Ivoire, votre pays était bien plus en avance que la Chine, dans beaucoup de domaines y compris dans le fonctionnement de l'administration. Dans la salle, un silence presque incrédule s'est installé. Puis le professeur a projeté une vidéo sur la Côte d'Ivoire dans les années 1970 et 1980", a-t-il expliqué. À le suivre, à cette époque effectivement, la Côte d'Ivoire arborait des infrastructures modernes, une alimentation abondante, des populations qui semblaient regarder l'avenir avec confiance. 

Et pendant cette période, de l'autre côté du continent asiatique, la Chine cherchait encore comment se remettre de ses difficultés économiques et des séquelles de la famine. "Pour beaucoup d'entre nous, cette vidéo n'était pas seulement un document d'archives. C'était un miroir. Un miroir cruel. Car quelques minutes plus tard, lorsque le professeur a comparé la Côte d'Ivoire à la Chine d'aujourd'hui, l'admiration a laissé place à l'amertume. Oui, les Ivoiriens bénéficiaient d'un indice de développement humain supérieur à celui des Chinois dans les années 1970-1980. Oui, la Chine a connu des périodes de famine dévastatrices et une extrême pauvreté qui ont marqué durablement son histoire avec 30 à 40 millions de morts du fait de la famine et pourtant... Aujourd'hui, cette même Chine exporte son riz, nourrit une partie du monde et approvisionne des pays comme la Côte d'Ivoire où certains de nos compatriotes tentent de survivre grâce à un filet social de 36 000 FCFA par trimestre", a regretté Assalé Tiemoko Antoine. 

Qui estime pour sa part que la prospérité n'est jamais un acquis. "Aujourd'hui, il est devenu difficile d'identifier un seul secteur dans lequel la Côte d'Ivoire devance positivement la Chine. L'histoire de ces deux nations nous rappelle une vérité simple mais implacable : la prospérité n'est jamais un héritage garanti. Elle se construit, se protège et se renouvelle. La Chine a transformé ses faiblesses d'hier en leviers de puissance. Pendant qu'elle planifiait sur plusieurs décennies, travaillait, produisait, innovait et se réformait, nous nous sommes reposés sur nos acquis d'un passé glorieux et des planifications électorales à cycles de cinq ans. Or, l'histoire ne récompense pas ceux qui vivent de leurs souvenirs. Elle récompense ceux qui préparent leur avenir", a-t-il conclu.