
Dans une déclaration rendue publique à Abidjan, l'organisation qui regroupe les exploitants de petites mines pose une position sans nuance : « Le GRAMCI est contre l'orpaillage clandestin. » L'exploitation de l'or hors de tout cadre autorisé menace, selon le groupement, l'environnement, les terres agricoles, les ressources en eau et la sécurité des populations. Le texte s'appuie sur le bilan présenté au Conseil national de sécurité du 23 juillet 2026. Entre 2021 et le premier semestre 2026, plus de 8 500 sites d'orpaillage illégal ont été déguerpis, 4 474 personnes déférées, plus de 960 millions de FCFA et environ 136 kilogrammes d'or saisis. Le GRAMCI cite la création du Groupement spécial de lutte contre l'orpaillage illégal (GS-LOI) en 2021, la dotation de 30 drones aux directions régionales et départementales des Mines en juillet 2025 et l'action de la Brigade de répression des infractions au code minier (BRICM) comme autant de preuves de la volonté de restaurer l'autorité de l'État.
L'organisation refuse en revanche toute suspension générale des activités. Elle rappelle qu'en avril 2024, dans la région de la Mé, les entreprises minières avaient d'elles-mêmes arrêté leurs travaux face à la persistance des sites clandestins. Deux ans plus tard, le phénomène « demeure et continue de prendre de l'ampleur ». Une nouvelle suspension pénaliserait les opérateurs légalement établis « sans apporter de réponse durable », prévient le groupement, qui plaide pour le dialogue et l'application effective de la réglementation. Dans la Mé, la société ANEPE Mining a dressé un bilan de ses activités devant le préfet et versé un appui de 8 millions de FCFA aux populations. Le GRAMCI réclame en contrepartie une accélération de la formalisation. Plus de 800 autorisations d'exploitation artisanale et semi-industrielle ont été délivrées en trois ans, davantage que durant toute la décennie précédente. Réservée aux nationaux par le code minier, l'exploitation artisanale et à petite échelle fait vivre près d'un demi-million de personnes.
Le groupement met en avant le cas d'Eburnie Gold Fields, à Koun-Fao, qui emploie 20 permanents et plus de 80 journaliers et a versé depuis 2022 environ 300 millions de FCFA d'impôts et taxes, 200 millions au titre de la taxe ad valorem, 375 millions pour des projets communautaires et 180 millions pour la réhabilitation du site.
Non à l'orpaillage clandestin
Signataire d'un partenariat avec la Sodemi pour accompagner une centaine de petits permis, le GRAMCI appelle enfin l'État à simplifier l'accès aux autorisations, à développer les coopératives et à renforcer la traçabilité de l'or. « Non à l'orpaillage clandestin, oui à une petite mine légale, responsable et créatrice de valeur », résume la déclaration.
Yacouba Doumbia