Société

Orpaillage illégal dans le Cavally : Anne Ouloto-Lamizana déclare la guerre à « la gangrène »

orpaillage-illegal-dans-le-cavally-anne-ouloto-lamizana-declare-la-guerre-a-la-gangrene
© Droits réservés L'orpaillage clandestin, en progression dans plusieurs régions de Côte d'Ivoire, fait l'objet d'opérations régulières de la gendarmerie et d'un groupement spécial dédié, le GS-LOI
PARTAGEZ
La ministre d'État ivoirienne Anne Désirée Ouloto-Lamizana, présidente du conseil régional du Cavally (ouest), a appelé mercredi à Toulepleu l'administration et les populations à « dire non » à l'orpaillage illégal, qu'elle a qualifié de « gangrène » pour ce département frontalier du Liberia.

« L'orpaillage est une crise morale. Là où il y a l'orpaillage, il y a la destruction de la forêt et de l'eau. Et cette eau vient du Cavally », a-t-elle déclaré lors d'une séance de travail avec le corps préfectoral et les fonctionnaires en poste dans le département, au cours d'une visite de cinq jours dans sa région natale.  La ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l'administration a mis les services de l'État « en mission », préfet en tête, pour intensifier la sensibilisation, la prévention et la dénonciation des pratiques d'orpaillage. « Vous êtes dans une proximité avec les populations. Nous voulons plus de résultats. Sans orpailleurs, ni orpaillage. Il faut dénoncer », a-t-elle insisté.

On prendra la maladie dans nos verres 

Mme Ouloto-Lamizana a surtout mis en garde contre les produits toxiques utilisés sur les sites artisanaux. « On prendra la maladie dans nos verres d'eau. Le cyanure est dangereux pour l'homme et pour les ressources halieutiques. Qu'allons-nous réserver aux nouvelles générations ? », a-t-elle lancé. Elle a aussi dénoncé le décrochage scolaire des enfants et leur exploitation sur les sites, les décès, la prostitution et la consommation de drogue qui accompagnent l'activité, et a appelé les propriétaires terriens à ne pas faciliter l'installation d'orpailleurs sur leurs terres. « On ne mange pas l'eau. Le gain facile ne doit pas nous conduire à détruire ce qui fait vivre nos populations », a-t-elle dit.

Nous ferons en sorte que vous ne soyez pas déçue 

Le préfet de Toulepleu, Bini Koffi Étienne, s'est engagé devant elle à obtenir « zéro orpaillage » dans le département. « Nous avons reçu vos instructions. Nous ferons en sorte que vous ne soyez pas déçue », a-t-il assuré. Sur le front des infrastructures, la ministre d'État a garanti que Toulepleu obtiendrait ses « 5 km de routes tels que prévu » et que l'accès à l'eau potable, « notre problème » selon elle, serait réglé dans le cadre du Plan national de développement (PND). « Je suis là où on décide. Ce qui a été dit sera fait à Toulepleu », a-t-elle affirmé.

Après une visite au chef de canton de Toulepleu, Guidy Alain Jérôme, elle a rejoint Klaon, son village natal, où elle a repris le même message devant une foule nombreuse, exhortant la jeunesse à se détourner de la drogue et à se faire la gardienne de l'économie ivoirienne en luttant contre la fuite des produits agricoles. L'orpaillage clandestin, en progression dans plusieurs régions de Côte d'Ivoire, fait l'objet d'opérations régulières de la gendarmerie et d'un groupement spécial dédié, le GS-LOI, qui multiplient les destructions de dragues et de matériel d'extraction.

Yacouba DOUMBIA