Économie

Pôle pénal économique et financier : Le procureur de la République Aboya promet une lutte contre le blanchiment d’argent

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Le procureur de la République près le Pôle pénal économique et financier (PPEF), Aboya Jean-Claude, a annoncé mercredi 10 juin 2026 que la juridiction ne lâchera rien contre ceux qui cherchent à cacher, recycler ou utiliser de l’argent issu d’activités criminelles, ni contre ceux qui aident ces personnes à éviter les conséquences de leurs actes.

Lors d’une conférence de presse, il a expliqué que lutter contre le blanchiment d’argent est une priorité pour l’État de Côte d’Ivoire, et que le Pôle pénal économique et financier est en première ligne pour la mettre en œuvre. « La Côte d’Ivoire n’a jamais été et ne sera jamais un refuge pour l’argent criminel, quel qu’il soit. Et je tiens à le dire : cette lutte se fera toujours dans le respect de l’État de droit, des droits de la défense et des garanties procédurales pour toute personne poursuivie », a-t-il prévenu.

Le procureur a insisté sur le fait que le parquet financier ne laissera personne saboter ou réduire à néant les efforts collectifs menés sans relâche depuis octobre 2024 pour faire de la Côte d’Ivoire un pays plus sûr, sans avoir à subir la surveillance d’institutions étrangères. Aboya Jean-Claude a aussi rappelé qu’en tant que procureur financier, son rôle est d’adapter la lutte contre la criminalité financière, et notamment le blanchiment sous toutes ses formes, aux normes internationales déjà intégrées dans la loi ivoirienne, et de veiller à ce que les auteurs de ces infractions économiques soient jugés et punis avec toute la rigueur de la loi. « À ceux qui disent que l’argent n’a pas d’odeur, je leur donne raison.

En réalité, l’argent “sale” n’existe pas en soi. Ce sont les méthodes, les techniques et les procédés utilisés pour l’obtenir qui peuvent être “sales”. Notre travail, c’est justement de débusquer ces méthodes et ces techniques », a-t-il insisté. Le blanchiment d’argent, c’est le fait de cacher l’origine illicite de fonds pour leur donner une apparence légale et les faire entrer dans le circuit économique normal. Le procureur a précisé que, d’après l’ordonnance du 23 novembre 2023, on peut poursuivre le blanchiment d’argent même sans avoir condamné quelqu’un pour l’infraction d’origine, à condition qu’il y ait des indices sérieux laissant penser que les biens viennent d’activités criminelles. Il a souligné que la loi permet d’inverser la charge de la preuve, tout en protégeant les droits de la défense, pour mieux lutter contre les montages financiers frauduleux.