
Sur le papier, ça ressemblait à un vol tout banal. Ce mercredi 10 juin 2026, K.D. passe une soirée tranquille avec des potes, musique à fond, ambiance détendue. Mais quand il veut récupérer son téléphone, plus rien. L'appareil a disparu. Il fouille partout, rien à faire : introuvable.
Sauf que l'histoire ne s'arrête pas là. En regardant un autre compte ou en vérifiant ses notifications, K.D. se rend compte que son compte mobile money Wave, installé sur le téléphone, a été vidé de fond en comble. 523 000 F CFA envolés en un éclair. Paniqué, il se précipite à la Brigade de Recherche et d'Intervention (BRI) de Korhogo pour porter plainte.
Les enquêteurs ne perdent pas de temps. Leurs soupçons tombent rapidement sur un certain K.K.N. Et là, premier truc qui pèse lourd : le téléphone volé est retrouvé chez lui. Mais K.K.N. nie en bloc. « C'est pas moi, je l'ai acheté 15 000 F CFA à un gars nommé K.H., alias Momo Dépôt Retrait. »
Sauf que les policiers mettent au jour un détail croustillant : ce fameux « Momo Dépôt Retrait » est déjà sous les verrous, à la maison de correction de Korhogo. Ils le font donc sortir de sa cellule pour l'interroger. Lui aussi jure ses grands dieux qu'il n'a jamais vendu ce téléphone. Deux hommes, deux versions, et aucune qui ne se recoupe.
La BRI décide alors de les mettre face à face. Et là, ça coince. Devant celui qu'il accusait avec tant d'assurance, K.K.N. craque. Il finit par reconnaître qu'il est bien l'auteur du vol. Mais une question reste en suspens : comment a-t-il fait pour faire disparaître les 523 000 F CFA ?
Son explication ? Après avoir pris le téléphone, il a essayé un code au hasard. Et par un incroyable coup de chance ,ou de malchance pour lui, la combinaison est tombée juste. Il a ensuite transféré l'argent sans aucune difficulté. Cette histoire rappelle une chose toute simple : ne jamais choisir un code trop facile à deviner. 0000, 1111, 1234, ou sa date de naissance… Autant donner la clé directement. Un mot de passe trop simple peut transformer un simple vol de téléphone en véritable catastrophe financière.
Quant à la fausse accusation contre « Momo Dépôt Retrait », K.K.N. l'explique tout seul : il avait vu sur Police Secours que ce dernier était déjà incarcéré. Il pensait avoir trouvé le parfait coupable idéal, persuadé que personne ne pourrait l'obliger à se confronter à lui. Mais il avait oublié une chose : être en prison ne veut pas dire être intouchable. Les enquêteurs savent très bien où trouver les détenus.
Au final, la confrontation a permis d'y voir clair. Le téléphone a été récupéré, les 523 000 F CFA, eux, ne sont plus là, et K.K.N. a été présenté au procureur pour répondre de ses actes. Cette affaire montre en tout cas que la BRI de Korhogo fait du bon boulot, et que la vigilance numérique n'a jamais été aussi cruciale. Surtout quand un simple code à quatre chiffres peut faire perdre des centaines de milliers de francs CFA.