
Les faits
Actif sur les réseaux sociaux pour écouler ses produits, A.B.L voyait ses affaires prospérer. Un soir, un homme se présentant comme un partenaire sérieux le contacte. Les échanges s'enchaînent, portant sur les prix et les modalités de paiement, jusqu'à ce que l'inconnu passe une commande de taille de 2 millions de FCFA de marchandises. Un coursier viendra récupérer le colis, précise-t-il, et remettra en retour un chèque pour le règlement.
Tout se déroule sans difficulté. Le colis part, le chèque arrive. A.B.L croit avoir décroché la belle affaire.
Le désenchantement survient quelques jours plus tard, lorsqu'il se rend à la banque : la caissière lui annonce que le chèque est sans provision. À l'instant T, son visage s'assombrit, de grosses gouttes de sueur coulent sur son visage malgré la climatisation de la salle. Il se reprend, il tente aussitôt de rappeler ses interlocuteurs. Plus personne ne répond, les deux numéros sont devenus injoignables. L'arnaque a fait son œuvre. Il vient de se rendre compte qu'il a été dupé
A.B.L ne s'en tient pas là et porte plainte auprès de la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC). L'enquête aboutit rapidement à l'interpellation de Y.R.B, l'homme qui avait récupéré le colis et remis le chèque en personne.
Face aux enquêteurs, il se défend : "il dit avoir simplement rendu service à un certain V, rencontré par l'intermédiaire d'un ami prénommé R, contre une commission de 200 000 FCFA, sans savoir que le chèque était sans valeur." Mais les investigations révèlent que d'autres plaintes similaires ont déjà été enregistrées, dessinant les contours d'un réseau rodé. Y.R.B a été déféré au Parquet pour complicité d'escroquerie en ligne en bande organisée, en vertu de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité. V et R, présentés comme les cerveaux de l'opération, restent quant à eux activement recherchés.