
Le dimanche 24 aout 2025, le navire humanitaire Ocean Viking, affrété par l’ONG SOS Méditerranée, a été pris pour cible par les garde-côtes libyens alors qu’il recherchait une embarcation en détresse à environ 40 milles nautiques au nord de la Libye.
Selon SOS Méditerranée, les tirs ont été déclenchés par un patrouilleur libyen offert par l’Italie en 2023 dans le cadre du programme européen de soutien à la gestion des frontières. L’incident, qualifié de l’un des plus violents à ce jour entre un navire de sauvetage européen et les autorités libyennes, n’a heureusement fait aucune victime. Toutefois, l’Ocean Viking a subi d’importants dégâts matériels.
Une mission humanitaire entravée
Avant l’attaque, le navire avait secouru 87 personnes, majoritairement originaires du Soudan ravagé par la guerre. Ces rescapés étaient en route vers l’Italie lorsque l’Ocean Viking a été pris pour cible. Ironie tragique : au moment des tirs, l’équipage cherchait encore une embarcation en détresse, dont il n’a plus eu de nouvelles depuis.
Silence officiel et appels à la justice
Ni les garde-côtes libyens ni les autorités italiennes n’ont souhaité commenter l’incident. Ce mutisme officiel contraste avec l’indignation de SOS Méditerranée. Soazic Dupuy, directrice des opérations, a exigé "une enquête complète sur les événements d’hier après-midi et que les responsables de ces attaques dangereuses soient traduits en justice".
L’Europe face à ses contradictions
Alors que l’Union européenne continue de financer, équiper et former les garde-côtes libyens, la Commission rappelle que "Frontex reste pleinement engagée à sauver des vies en mer et agit à tout moment dans le respect du droit maritime international". Une déclaration qui soulève une question brûlante : comment concilier soutien logistique à des forces locales et protection des missions humanitaires ?
Un climat de plus en plus hostile
Cet incident marque un tournant inquiétant dans la coopération euro-libyenne en matière de migration. Il met en lumière les risques croissants auxquels sont confrontés les sauveteurs en mer, dont le seul tort est de vouloir sauver des vies. Et il rappelle, une fois encore, que la Méditerranée reste un théâtre de tensions où l’humanitaire se heurte trop souvent à la géopolitique.