
Le lendemain, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a annoncé sur les réseaux sociaux que « la patience avait atteint ses limites » et qu’il s’agissait désormais d’une « guerre ouverte » contre les autorités talibanes. Cette déclaration marque une escalade brutale dans des relations déjà fragilisées. En effet, depuis l’automne dernier, les affrontements frontaliers se multiplient, entraînant la fermeture de nombreux points de passage et la mort de dizaines de soldats. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a d’ailleurs assuré que son armée disposait de « toute la capacité nécessaire pour écraser toute ambition agressive ».
Du côté afghan, la riposte n’a pas tardé. Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a confirmé les frappes pakistanaises tout en affirmant qu’elles n’avaient pas fait de victimes. Cependant, il a revendiqué de nouvelles attaques « à grande échelle » contre des positions pakistanaises, provoquant selon lui « des dizaines de morts » parmi les soldats adverses. À Kaboul et Kandahar, des journalistes ont rapporté avoir entendu plusieurs explosions et le vrombissement d’avions de chasse, signe tangible de l’intensité des combats. Par ailleurs, Islamabad justifie ses bombardements par les attentats-suicides sanglants survenus récemment sur son territoire. Selon la mission de l’ONU en Afghanistan, ces frappes ont déjà coûté la vie à au moins 13 civils, tandis que les autorités talibanes avancent un bilan de 18 morts. Ainsi, la spirale de violences semble s’autoalimenter, chaque attaque entraînant une riposte immédiate.
Historiquement, le Pakistan et l’Afghanistan ont entretenu des relations ambivalentes, oscillant entre coopération et méfiance. Mais depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, Islamabad accuse Kaboul d’abriter des groupes armés responsables d’attaques transfrontalières. Ce que les autorités afghanes démentent fermement. Pourtant, force est de constater que la frontière commune est devenue le théâtre d’un conflit de plus en plus ouvert, dont l’issue reste incertaine.